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Full text of "Notice sur la lithographie"

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NOTICE 



•va 



LA LITHOGRAPHIE. 



i^ 



Les formalités prescrites par la loi ayant 
été remplies, tout contrefacteur ou débi-, 
tant de contrefaçons sera poursuivi suivant 
la rigueur des lois. 



A PARIS, 

[ LecointecIDubey , Libraires, Quai 
] des Augustins^ N<^. 49* 
] Louis Janet , Libraire , rue Saint- 
Jacques, No. Sg* 



Prix : broché. .... 5 f. 
Franc de port par la poste. 5 f. 5o c. 



NOTICE 



Bvn 



LA LITHOGRAPHIE, 

DEVZliMB éDITIOS SUIYZB 

D'UN ESSAI 

SUR LA RELIURE 

KT LE BLAKGHIMENT DES LIVRES ET GRAVURES^ 

Par F. MAIRET, 
Relieur et Imprimeur lithographe. 




CHATILLQN - SUR - SEINE , 
G. GORNILLAC, IMPRIMEUR - LIBRAIRE. 

1824. 



AVIS DE L'ÉDITEUR. 



La Notice sur la lithograpHe 
parut en janvier 1818. L'édition 
fut rapidement épuisée ^ et alors on 
sollicita vainement l'auteur d'en 
donner une seconde ; enfin il s'est 
rendu aux vœux de ses amis^ et j'ai 
obtenu de lui la permission de la 
réimprimer , augmentée de tout ce 
que l'expérience lui a depuis appris, 
n a joint à cette nouvelle édition^ 
des notes sur la reliure^ dans les« 
quelles il donne tous les procédés 
qui lui ont valu les sui&ages des 
connaisseurs. U sera donc le guide 



le plus sûr pour toutes les personnes 
qui voudraient se livrer à Taxt de 
la reliure; si M. Peignot ( * ) loue^ 
sur- tout M. Mairet lithographe 
alors d'avoir levé sans hésiter le 
voile mystérieux qui enveloppait 
la lithographie^ à plus forte raison 



( * ) Cet ouyTa]ge (Notice sur la lithographie ) , 
Il peine sorti icle la presse , jouit déjà d^un suoeès 
iqui «tt((9tf l^ii^por tance de sqn objet, etlei|«nrke 
^ue r^nd son auteur au public et aux artistes , en 
indiquant avec exactitude et clarté , un ensemble 
de procédés curieux, dont les inyenleurs de la 
lithographie, avaient €»u devoir faire un myitàre. 
On peut dVi^tant plus <^ompter sur les reii^seigne- 
mens détaillés dans ce volume , que Pauteur n^a 
qien avancé qn^il n\iit exécuté bii-méme, et-qu^il 
^'dit 3Vgé yrai, )>on et exact, diaprés les rési^l-i 
ta^ s^tisfaisans qu'il a obtenus. Il peut donc en 
topte sûreté , servir de guide aux amateurs et <iux 
' artistes qui voudront s'occuper de lithographie, 

4 

( Essai hist. sur la lith. , page 4i )• 



( 7 ) 
peut-on compter sur sa sincérité , * 

ma4nt€f:Bant que fabricant de pa- 
piers à Fontenay (Côte-d'Or), il ne 
8'occupe de reliure que pour clasr 
8er ses souvenirs. Il nous i^anquait 
un ouvrage qui réunit la pratique 
à la théorie , et la clarté à la pré- 
cision ; nous osons espérer que 
celui-ci atteint ce double but, et 
qu'il obtiendra l'approbation dç 
tous les amateurs d'une belle re- 
liure. 

M. Peîgnot ( Traité du choix des 
Uvres ) cite toujours notre auteur 
comme un des relieurs les plus dis- 
tingués; son avis est celui de tou§ 
les connaisseurs ^ et nous ne pou- 
vons nous refuser le plaisir de trajus- 
crire ici quelques iragmens qu^ 
nous semblent caractériser assef 



bien Topinion qu'on a générale* 
ment des reliures de cet artiste. 

ce En fait de reliure on a toujours 
ce regardé celles de Bozerian comme 
ce infiniment supérieures, mais nous 
ce ne connaissions pas encore les 
ce volumes de Mairet. J'ai vu à la 
ce bibliothèque publique de Dijon, 
ce un Racine en trois vol. in-folio, 
ce qui a été relié par lui ; tous ceux 
ce qui l'examineront ne pourront 
ce s'empêcher de convenir que la 
a partie de la reliure dans ce ma- 
ce gnifîque ouvrage est fort au-des-^* 
ce sus de tout ce qui est sorti de plus 
ce beau des mains de l'artiste de 
ce Paris , cette reliure n'est cepen-* 
ce dant qu'en veau j mais l'inventioil 
«c unique d'y avoir fait entrer les 
ce couleurs du la]f>is-lazuli avec ses 



( 9 ) 
«veines d'or si élégamment nuan- 
ce cées, remporte de beaucoup sur 
<c les superbes maroquins dont Bo- 
ce zerian a orné les riches biblio- 
«c thèques de l'Europe • La dorure 
ce sur tranches est parfaite , chaque 
ce feuille étant bien détachée quoi- 
«e que la tranche semble faire corps. 
ce La dorure du dos , des couyertn- 
ce res y les filets des bords extérieurs 
ce et intérieurs , sont d'un goût , 
ce d'une grâce , d'une élégance , et 
ce d'une richesse que l'on ne cou- 
ce naissait point. Qui aurait ima- 
ce giné d'appliquer une impression 
cède dorure qui représentât les 
cccharmans sujets d'Herculanum 
ce et les belles arabesques du Yati<* 
« can ? Le fond de la reliure et la 
ce solidité répondent au reste du 



(>o) 
«c travail. J'ai en occasion de voir 
ce beaucoup d'antres onyrages de la 
ce main dn même artiste, lesquels 
ce sont traités arec antant de soin 
«cet avec nne étonnante yariété 
ce d'omemens. » 

/ ( AHaiellicr, ancien conseiller an pariementdc 

Bcauiçon ). 

ce Les amateurs de belles reliures 
ce s'empressent d'aller voir à l'a- 
ce telier de M. Mairet, le bd ôuyra- 
ce ge des campagnes d'Italie, qu'il 
ce vient de relier avec ce goût , ces 
ce soins et cette richesse d'omeinens 
ce qui le placeraient au rang de ceux 
ce qui excellent dans son art , si 
ce plusieurs ouvrages sortis de ses 
ce mains ne lui avaient déjà fait cette 
ce réputation. De brillans dessins en 
ce or, exécutés avec une grande 



(") ' 

«c pureté décorent le dossier de ce 
<c superbe in-folio; et sur le plat , 
ce d'un et d'autre côté ^ des orne* 
ce mens en or et gauffrés , artiste- 
ce mensfaitSy encadrent les médailles 
«c frappées en relief pour ces grands 
ccévénemens; au milieu de l'ovale 
ce est la figure aussi en relief du 
«c général en chef. Les gardes sont 
ce en lapis-lazuli d'une belle exécu- 
ce tion. Dans cet ouvrage la beauté 
cr de la reliure va de pair avec la 
ce beauté de l'impression qui est 
«c d?Héran, et la beauté des gravu- 
cc res qui sont faites d'après Carie 
ceVernet. Tout homme de goût 
ce doit se procurer le plaisir de voir 
ce ce vrai chef - d'oeuvre que M* 
ce Maire t achève en ce moment. 

( Journal de la Câte-d'Or, 9 juillet i8ao. ) 



I »i • Il 



AVIS DE L'AUTEUR 



POUR I.A FREAïxiRE IBDITION DE LA. 



JIOTZGE SUR XA XITHOORAPHIE. 



Jb décïare que je ne sxias pas 
littérateur. J'aurais désiré qu'un 
homme de lettres tel que M. de 
Lasteyriey nous eût donné cette 
Notice : son style eût été plus cor- 
rect , ses descriptions moins mono- 
toneset plus agréables aux lecteurs; 
maïs voyant que jusqu'à ce jour 
les artistes et les amateurs étaient 
privés des connaissances nécessai- 
res pour mettre en usage cet art 
qui peut leur devenir très-utile , je 



(M) 

me SUIS hasardé à leur donner 
moi-même une méthode. J'ai fait 
mon possible pour la rendre in- 
telligible. D'un autre côté, par- 
lant de cet art, je n'avance que ce 
que j'ai exécuté moi-même , et ce 
dont j'ai obtenu des résultats satis- 
faisans, tant par mes procédés que 
par les documens que j'ai puisés 
dans différentes notes. J'ose assurer 
eux artistes qu'ils réussiront en sui- 
vant exactement mes procédés. 

Dans cette méthode je développe 
aux amateurs les principes de ret 
art, qu'ils y pourront apprendre 
par théorie. 



■•■MEââï^^Wi 



NOTICE 



$VtL 



LA LITHOGRAPHIE, 

OU 

L'ART D'IMPRIMER SUR PIERRE. 



■*— •■•^i^ 



THEORIE. 

Les effets produits par une traco 
faite sur la pierre avec un crayon 
gras ou résineux sont des résultats 
produits par leur influence que 
Ton n'avait pas jusqu'alors étudiés. 
Ces effets dépendent de trois' 
causes principales ^ qui. sont ; 



( 1(5 )• 

1 o. La facilité avec laquelle Peau 
imbibe les pierres calcaires , sans 
cependant que ce fluide contracte 
avec elles une adhérence bien inti- 
me; 

2P. La forte adhérence que les 
corps gras ou résineux exercent 
sur les pierres y qui iait que sou- 
vent on ne peut enlever les unes 
sans attaquer les autres} 

3^. L'aiïinité des résines ou des 
graisses pbur les corps gras ou 
résineux , et la répulsion de ces 
corps par Peau. 

De ces trois principes^ base de 
toute la lithographie, dérivait les 
trois conséquences sliivantes : 
. 1^» Un trait grds ou résiùcux, 
tracé sur la pierre, y adhère ai for- 
tement que pour le faire disparaître^ 



' 



(17) 

il £iut employer le grès et la pierre 

ponce pour Ven séparer. 

2^. Toutes les parties de la pier- 
re ^ non recouvertes d'une couche 
grasse , reçoivent seules , et conser- 
vent , quoique faiblement , Teau 
qui y adhère, 

â^. Si on passe une couche d'en- 
cre grasse sur cette pierre ainsi 
préparée ^ cette encre ne s'attar 
chera que sur les parties dessinées 
avec le corps gras , tandis qu'elle 
sera repoussée par les parties de la 
pierre qui seront imprégnées d'hu- 
midité. 

En un mot ^ les procédés litho- 
graphiques dépendent de ce que 
la pierre mouillée refuse l'eûcre 
grasse, et de ce que la pierre grasse 
refuse l'eau. 



(i8) 



GRAVURES 



LITHOGRAPHIQUES. 



Choix des Pierres. 

On doit chercher une pierre 
calcaire à grain fin , compacte et 
resserrée , d'une nuance égale , sus- 
ceptible de '^s'imbiber d'eau, sans 
cependant qu'elle pénètre trop 
avant. 

Taille de la Pierre. 

On commence par faire une face 
bien droiteet sans défaut 5 ensuite on 
fait les quatre joints , puis on la met 
à deux pouces environ d'épaisseur, 
le parement doit être bouchardé 



( ï9 ) , 

très-fin. Ayant plusieurs pierres 
ainsi taillées , on les mouline deux 
à deux avec du sable de Saône et 
de Teau , afin de les dresser et de 
faire disparaître les coups de bou- 
cliarde. 

Lorsqu'elles sont bien droites et 
sans trous , on continue de les 
mouliner au grès fin, et ensuite 
à la pierre ponce, toujours à Peau. 
La pierre ainsi polie se prépare 
selon le genre de dessin qu'on se 
propose de faire. 

Préparation de la Pierre pour 
dessiner au pinceau et à la 
plume. 

On polit de nouveau la pierre 
avec de l'eau , un polissoir de toile, 
de la pierre ponce passée dans un 



( ao ) 

tetmiû £0. Etant ainsi polie , il faut 
avoir soin de la bien laver et de U 
laisser sécher. Lorsqu'elle est sèche, 
on passe dessus une légère couche 
d'essence de térébenthine ( * ) que 
l'on frotte à l'instant avec un ling^ 
blanc pour la laisser sécher aussi. 
Ces préparations étant faites ^ 09 
peut écrire et dessiner sur la pierre. 

Composition de V Encre lithogra* 
phique propre à dessiner ou 
écrire sur ta Pierre* 

Pour composer cette encre, oai 
fait fondre dans un vase vernissé , 



( * ) On peut remplacer avec beaucoup d'avan- 
tage Fessence de térébQVthiae , par de Feau de 
savon que Ton étend sur la pierre et que l'on 
frotte vivement avec un linge propre pour qu'elle 
n^y séjourne pas. 



( 2t ) 

deux parties en poids de gomme- 
laque plate , ayant soin de toujours 
remuer. Quand elles sont bien fon- 
dues , on ajoute quatre parties de 
cire vierge , trois parties de savon 
de suif ( * ) , deux parties de suif 
et ime partie de potasse. On doit 
faire ce mélange à grand feu. Lors- 
que toutes ces parties sont bien dis- 
soutes , on y incorpore une quan- 
tité suffisante de noir de &mée 
pour les colorier , en ayant soin de 
bien mêler le tout en le remuant 
avec une spatule. Quand le mélange 
du noir est bien fait et que la cuis- 
son est achevée ( ** ) , on verse la 

( * ) Ce saTon se fabrique à Paris , rue Culture* 
S te. -Catherine, fauxbourg St.-AnLoine. 

( ** ) On reconnaît le degré de cuisson^ lors-» 
que le feu prend dans les in^rédiens. On les éteint 

3 



0^)> 

matière dans des moules ou sur uii' 
marbre pour en former des tablettes 
ou bâtons semblables à l'encre de 
la Chilie, et que l'on conserve pour 
dessiner à la plume ou au pinceau. 

Encre liquidé également bonne. 

On fait fondre dans un vase ver- 
nissé une partie de sayon de suif, 
autant de mastic en larmes, en les 
mélangeant soigneusement. Alors 
on y incorpore cinq parties en poids 
dei> laque en tablettes ou gomme- 
laque, on continue de remuer pour 
bien n^êler le tout et on y verse peu 
à peu une dissolution d^une partie 



en couvrant d'un linge mouillé le vase qui les con-* 
tient j cette opération doit se faire en plein air 
crainte du feu. 



de soude caustique dans cinq ou six 
parties de son volume d'eau j on 
fait cette addition avec précaution, 
parce que si on y ajoutait toute 
la lessive à la fois, la liqueur se 
gonflerait et s'élèverait au - dessus 
du vase. Lorsque le mélange est 
fait, on modère le feu j on ajoute, 
pour colorier , du noir de fumée 
que Ton agite avec une spatule , et 
immédiatement. après, la quantité 

« 

d'eau suffisante pour rendre cette 
encre liquide et propre à l'écriture 
et au dessin. 

On s'en sert sur la pierre comme 
sur le papier , avec les moyens or- 
dinaires , soit à la plume , soit au 
pinceau. 

Cette encre offre plus de facilité 
que la précédente pour écrire sur 



(M) 

la pierre ; mais elle sèche moins 
vite, et exige plus de soins pour 
l'impression. 

Préparation de la Pierre pour 
dessiner au crayon. 

La pierre ëtant bien sèche , on 
passe dessus un sable très-fin , au- 
quel on fait parcourir toute la sur- 
face avec un autre petit morceau 
de pierre, pour former un grain 
très-fin semblable à celui du papier. 
Lorsque ce grain est formé , on lave 
la pierre que Ton fait sécher de 
nouveau , puis on la frotte avec un 
linge blanc : elle est prête à recevoir 
le dessin. 



r 



(25) 

Composition du Crayon pour des- 
siner sur la pierre. 

On fait fondre dans un vase ver- 
nissé : 

6 parties de savon de suif ^ 
4 parties de suif, 
4 parties de cire vierge ^ 
4 parties de gomme-laque. 

Lorsque toutes ces matières sont 
bien fondues et mêlées , on ajoute 
du noir de lampe suffisamment pour 
leur donner un beau noir j on fait 
cuire le tout à grand feu , jusqu'à ce 
qu'il s'enflamme. Alors, il faut reti- 
rer le vase du feu pour laisser brûler 
la composition que l'on a soin de 
remuer pendant qu'elle est enflam- 
mée. C'est par la cuisson que les 



( 26 ) 
crayons acquièrent la solidité né- 
cessaire. Dix minutes d'inflamma- 
tion suffisent ordinairement ( * ) } 
après ce temps on couvre le vase de 
son couvercle et d'un linge mouil- 
lé pour en éteindre le feu. Une à 
deux .iuinutes après, on le décou- 
vre pour verser cette composition 
dans des moules et en former des 
crayons que Ton renferme dans des 
bocaux, crainte que Tair ne les ra- 
mollisse. Ces crayons sej conservent 
parfaitement par ce moyen. 



( * ) Si ces crayons, n'étaient pas assez durs, il 
faudrait les faire recuire pour leur donner plus de 
eonsistance. 



( 27 )- 

Préparation de la Pierre pour des^ 
siner à la pointe. 

La pierre doit être préparée com- 
me pour dessiner à la plume. 

Ensuite on passe dessus une cou- 
che d'acide nitrique , étendu de 
soixante parties de son volume 
d'eau j puis on laye la pierre avec 
de Teau fraîche pour y passer de 
suite une dissolution de gomme 
arabique peu forte ( * ) et bien unie, 
qu'on laisse sécher pour y dessi- 
ner. 
■1 ■ ■ ■■Il ,1—1.1 «Il ■ 

( * ) On peut remplacer la dissolution de gom« 
me arabique , avec avantage , par du jus d^oignons, 
qu'on obtient en les pressurant , et que Ton mêle 
avec du noir de charbon quand on veut s'en ser- 
vir. Pour le conserver , il sufBt d'y mêler un verre 
d'eau-de-vie sur une pinte : ce jus d'oignons offre 
Tayantage de pouvoir tracer avec plus de netteté. 



^ 



( 28 ) 

Précautions à prendre en dessi^ 
nant sur la pierre. 

Comme ^impression n'a lieu que 
par l'opposition d'un corps gras et 
de l'eau , il est important d'éviter 
avec le plus grand soin , de toucher 
la surface d'une pierre préparée 
pour un dessin , avec un corps gras 
ou gonuneux : le soufHe est même 
nuisible. Les impressions qui en 
résultent, quoi qu'invisibles dans 
le moment, font souvent des taches 
noires , difficiles à enlever sans atta- 
quer le dessin. Il est donc prudent 
de tenir continuellement un papier 
blanc sous la main : le meilleur est 
d'avoir un châssis qui emboîte la 
pierre et qui déborde sa siurface de 



(=9) 

foois à qxiatre lignes, arec une pe- 
tite planche bien mince sur laquelle 
repose la main. 

Cette planche étant posée , par 
ses extrémités, sur les bords du 
châssis, ne touche point la pierre, 
et donne la faculté de pouvoir la 
promener en tous sèils sans altérer 
aucunement le dessin. 

Comme il est inévitable de tou- 
çhçr les bords de la pierre avec les 
doigts , et qu'il s'y forme toujours 
des taches à l'impression , il faut 
laisser tout au tour du dessin une 
marge blanche au moins de dix- 
huit lignes : ce qu'il y a mieux 
encore , c'est de laisser sur la pierre 
1;ioute la marge que l'on veut con-? 
server à la gravure ; cette marge est 

4 



(3o) 
encore nécessaire pour la manîpu-' 
lation et Timpreission. 

La salive tenant toujours quel- 
ques mucilages en dissolution , il 
est naturel que s'il en tombe sur la 
pierre et qu'elle s'y sèche , elle y 
déposera un petit sédiment qui se 
dissout à l'eau. Il faut donc éviter 
avec soin , en parlant ou en souf- 
flant , qu'il n'y tombe aucune goutte 
de salive j car il est évident que le 
tracé qu'on aurait fait dessus , ve- 
nant à se séparer de la pierre par 
la dissolution du sédiment mucila- 
gineux formé par la salive, il s'y 
formerait des taches blanches dans 
tous les endroits où il en serait tom- 
bé ; par la même raison on doit 
éviter toutes4es éclaboussures d'eau 
gommée et autres liqueurs cr>^*-^ 



(3i ) 
Etant du mucilage. On peut parer 
à cet inconvénient par un rond de 
carton , de quatre pouces environ , 
percé au milieu et traversé d'un 
petit bâton que Ton tient à la bou- 
che ; par ce moyen , Ton peut res- 
pirer sans craindre que Thumidité 
du nez ou de la bouche frappe sur 
la pierre. 

Le trait du dessin qu'on veut faire 
peut se tracer sur la pierre avec un 
crayon de mine de plomb ou san- 
guine f sans que les faux traits que 
Ton pourrait faire , n'étant point 
dessinés avec un corps gras ^ lais- 
sent la moindre marque à l'impres- 
sion. Comme cependant il arrive 
souvent que , dans la confusion des 
lignes tracées à la mine de plomb , 
xi s'en trouve qu'on pourrait ou-^ 



(32) 
blîer de suivre avec le crayon lî- 
thographique, il vaut mieux faire 
son trait sur du papier, et, lors- 
qu'il est bien arrêté , le calquer sur 
la pierre , en mettant dessous le 
papier sur lequel le trait est faît^ 
un papier à calquer qui se fait de 
la manière suivante : 

On prend une feuille de papier 
le plus mince possible , en y mettant 
de la sanguine en poudre que l'on, 
étend avec un petit linge jusqu'à ce 
que tout le papier soit bien rouge. 
On continué alors de frotter pour 
enlever le surplus de la poudre^ 
jusqu'au moment où la face rou- 
gie du papier ne laisse point d'em- 
preinte en le pressant légèrement 
sur une feuille blanche. Si l'on vou- 
lait effacer quelque trait, il ne fau- 



( 33 ) 
draît se iservir ni de gomme élas- 
tique , ni de mie de pain. 

Dessin au Crayon. 

Qtiand le premier tracé est fait 
de la manière indiquée ci-dessus, 
on fait son dessin avec le crayon 
lithographique , de la même ma- 
, nière qu'on le ferait sur du papier , 
en observant que plus un dessin est 
fait franchement, mieux il vient 
à Timpression. Comme les parties 
forteiiient ombrées s'empâtent fa- 
cilement, il faut tâcher de faire le 
travail des ombres le plus net pos- 
sible, et éviter dé repasser trop sou- 
vent sur un même ton. Si Ton peut 
y arriver au premier coup, cela 
vaut infiniment mieux. 



(34) 

Comme le crayon attire Thumi- 
dîté de Tair et se ramollit par-là , 
on a pris la précaution de le ren- 
fermer dans un flacon. Il est essen- 
tiel de ne Ten sortir qu^au moment 
et à mesure que Ton veut s'en ser- 
vir« 

Dessin à P Encre. 

On frotte, d'abord à sec, le bâ- 
ton d'encre sur le fond d'une sou-^ 
coupe, jusqu'à ce qu'il soit cou* 
vert de noir j ensuite on y met 
quelques gouttes d'eau distillée ou 
de pluie , et on continue de frotter 
jusqu'à ce qu'on ait une liqueur 
bien noire et un peu épaisse. On 
peut l'employer avec une plume ou 
un pinceau , en faisant cependant 



(35) 

toujours son dessin par hachures. 
On ne doit absolument point s*en 
servir pour laver. Comme il ne 
peut y avoir aucuns tons gris à 
l'impression, un pareil dessin ne 
donnerait que des placards noirs 
si le ton lavé avait assez de ma- 
tières grasses pour recevoir le noir 
d'impression, ou s'en irait tout-à- 
fait, s'il n'en contenait pas assez. 
Il faut "observer de bien nourrir 
d'encre tous les traits qu'on trace 
sur la pierre. On peut les faire aussî^ 
fins que l'on veut j pourvu qu'ils 
soient noirs , on sera sûr de leur 
réussite j s'ils étaient gris , on ris- 
querait de les perdre par la prépa- 
ration qui précède l'impression. 

Si l'on votdait effacer quelques 
parties de son dessin , il n'y aurait 



(36) 
qu*à les gratter ou les enlever avec 
la pierre ponce. On pourra redes* 
siner à l'encre sur les endroits 
grattés ( toutefois il ne faut pas en 
grattant creuser la pierre de ma- 
nière à ce que l'impression ne 
puisse plus y faire d'effet ) ; mais, 
si l'on voulait détruire une partie 
d'un dessin au crayon , sur laquelle 
on voudrait redessiner , il faudrait 
y mettre à sec un peu de sable bien 
fin , et l'y frotter avec un petit mor- 
ceau de pierre , jusqu'à ce que la 
partie fautive ait disparu. On en- 
lève ensuite le sable avec un blai- 
reau ou la barbe d'une plume , et 
l'on peut y refaire le dessin. 

Dessin à la pointe^. 
Lia gomme étant bien sèche ^ on 



1 



(37) 
calque son dessiu sur la pierre , 
après quoi on le trace avec une 
pointe très - fine , et il suffît de 
blanchir la pierre dans l'endroit du 
calque. Pour découvrir le trait que 
Ton vient de faire, on l'époussète 
avec un blaireau à mesure que Ton 
dessine : il faut éviter de souffler 
dessus , cela donnerait de l'humi- 
dité à la gomme ^ qui recouvrirait 
les traits qu'on aurait formés. Le 
dessin étant ainsi fini , on passe 
par -dessus toute la surface de la 
pierre de l'huile d^ lin, qu'on 
laisse imbiber dans les traits une 
ou deux minutes, puis on l'essuie 
avec un linge très -doux. On lave 
la pierre au moment même où l'on 
veut tirer des épreuves. 

5 



( 38 ) 

... * . ' 

IMPRESSION. 



Description de la Presse et de ses 

rouleaux. 

La presse dont nous nous occu- 
pons ( figure 1 ) est formëe par une 
table rectangulaire , supportée par 
les traverses 2 j les deux traverses 
les plus longues sont entaillées de 
la moitié de leur épaisseur, afin de 
former une coulisse dans laquelle 
on fait glisser un chariot destiné à 
faire avancer ou reculer à volonté 
la pierre gravée. Ce chariot qui 
supporte la pierre est formé par 
une caisse peu profiande 4 > dans 
laquelle on met du sable, afin que. 



S 



.remplissant les inégalités de la 
^pierre que Ton doit y poser, celle- 
ci appuie sur tous les points. On 
'fixe à cette caisse un cadre qui lui 
sert de couvercle et qui tourne 
autour ^des charnières 19, et sur 
ce même cadre on tend un cuiç 
assez fort po^ir p.e pas être déchiré 
par un frottement ^ssez considérar 
ble. Comme à la caisse 4 P^ ^ 
attaché deux boucles dans lesquel- 
les on passe des courroies fixées 
sur un cylindre i5 , autour duquel 
on les roide en mouvant le tourni- 
quet 14 > on peut mouvoir à vo- 
lonté le chariot dans la coulisse. 

Au milieu de la longueur de la 
table rcfctangulaire , on fixe une 
traverse 7 qui tourne autour de la 
charnière ao , et sur cette traverse 



(42) 

^.son point d'application sur la 
planche i3. Enfin la lame de fer 
28 est destinée à diriger un bras du 
levier 12, et ses vis 27, à mainte- 
nir la pierre dans 1q cadre. 
f Le cylindre, figure 3, ou rouleau 
à imprimer, est en boisj il offre une 
longueur de quin;5e pouces sur cinq 
de diamètre. Le cylindre présente 
à ses extrémités deux manches gar- 
nis He cuir, et le cylindre hii-même 
est revêtu de flanelle bien tendue ^ 
qu'on recouvre avec un cuir doux 
,etsans couture 5 car s'il en existait^ 
elle pourrait enlever le dessin. 

Lorsqu'on le roule dessus, c'est 
le rouleai;i chargé 'de noir qui sert 
à colorier le dessin qu'on a tracé 
sur la pierre. 



' » 1 

(43) 

Fréparation des Vernis ou Huiles 
à broyer les couleurs. 

Il faut avoir deux sortes de ver- 
nis que nous désignerons par ver-"^ 
nis faible et vernis fort. 

Tous deux se font de la manière 
suivante : 

On doit avoir une marmite dont 
le couvercle joint bien j on ne 
remplit qu'à moitié d'huilé de lin* 
ou de noix, que Pon fait bouillir 
à grand feu. Lorsqu'elle bout , on 
Tenflamme en la remuant pendant 
tout le temps. Pour le premier ver- 
nis , on la laisse brûler un quart 
d'heure j pour le second , que nous 
appelons vernis fort, elle doit brû- 
ler trois quarts d'heiure. Le cou- 



^ / 



( 44 ) 

vercle de la marmite ne doit servir 
qnje pour éteindre le feu j pour plus 
de sûreté , il faut avoir un linge 
mouillé qu'on jette dessus le cou- 
vercle, ce qui empêche l'air de 
pénétrer dans la marmite. 

Quatre à cinq minutes après, 
vou$ débouchez cette marmite pour 
y laisser reposer le liquide pendant 
vingt-quatre heures- On peut met- 
tre ensuite ce vernis dans des bou- 
teilles p et s'en servir pour broyer 
les coulieurs à imprimer. 

Choix des Couleurs à imprimer ^ 
et manière de les broyer p 

Toutes les couleur^ broyée$ à 
l'huile préparée sont bonnes pour 
Timpression , pouryu qu'elle-s ne 






(45) 

contiennent pas d'oxide de plomb. 
Comme Ton imprime plus sou* 
vent au noir qu*à toute autre cou- 
leur , on doit le choisir d'un beau 
noir de velours , et , qu'en le pres- 
sant entre les doigts, on en sente la 
douceur. Ce noir nous vient ordi- 
nairement de Francfort ( * ). On 

( * ) U faut pour se servir de ce noir , le calci- 
ner de la manière suivante : On fait fondre 
dans un vase vernissé deux parties de cire que 
Ton mélange avec deux de térébenthine de Ve- 
nise; ce mélange doit se faire avec précaution. 
Si ,on laissait trop chauffer la cire , la térében- 
thine s^enflammerait. n est à propos que la chaleur 
soit très-douce pour pouvoir réunir ces deux corps. 
Aussitôt qu^ils sont dans un état liquide , on ajoute 
de ce noir autant que possible de manière que le 
tout forme une masse très-dure ; ensuite on bouche 
le vase avec son couvercle que Ton a soin de bien 
luter avec de la terre glaise pour que Fair ne puisse 
pas pénétrer. 

n faut un bon feu pour cette opération; on 

6 



(46) 

nous en rend que Ton fait avec de 
la lie de vin : il est dur et grisj ce 
noir doit être rejette par les impri- 
meurs. On broie le noir et toutes 
couleurs à imprimer à la lithogra-- 
pliie,avec le vernis faible, en y 
ajoutant une ou deux gouttes d'es- 
sence de térébenthine et du vernis 
fort en petite quantité. Ces couleurs 
doivent être broyées très-épaisses. 
C'est de cette précaution que dé- 
pend le brillant de l'impression* 
Il n'en faut broyer que la quantité 
dont on veut se servir, attendu 



reconnaît que le noir est sufilsamment calcine lors^. 
que le vase est rouge, et qu'il s'est maintenu dans 
cet état pendant cinq minutes environ. On retira 
le vase du feu pour le laisser refroidir lentement 
jusqu'au lendemain sans le déboucher , et pour s'ea 
servir, on le broie de la manière indiquée. 



(47) 
qn*elles se graissent en vieillissant. 

Lorsque l'on veut imprimer , on en 
enduit le rouleau , pour en rechar- 
ger la pierre à chaque épreuve que 
l'on veut tirer. Il est à propos que 
Ces cbulëùrs soient plus fortes l'été 
que l'hiver , ainsi donc , l'été on 
mettra plus de vernis fort. Je me 
suis souvent servi d'une encre que 
je préparais de la manière sui- 
vante : 

3 parties de suif et 2 de noir de 
fumée y 

2. parties de vernis faible , 

2 parties de térébenthine de Ve- 
nise. 

On mettra toutes ces matières 
dans un pot vernissé et garni de 
son couvercle pour le mettre sur 
le feu î et lorsque ces matières com- 



(48) 

menceront à fumer , on mettra le 
feu avec un papier allumé ; alors on 
retirera le vase du feu pour le tenir 
toujours enflammé, ayant soin de 
rem.uer constamment avec une spa- 
tule de fer pour le laisser brûler 
pendant environ un quart d'heure. 
On recouvrir^, le vase pour étein- 
dre le feu , et cinq minutes après 
on le découvrira ppur laisser re- 
froidir. On ne peut se servir, de ce 
noir qu'après l'avoir bien broyé 
sous la molette. Il arrive quelque- 
fois que ce noir est trop fort, sur- 
tout en hiver ; mais rien n'est plus 
facile que de l'adoucir en y mêlant 
un peu de vernis faible. Quand on 
le broie , on peut aussi se servir 
d'un peu d'essence de térébenthi- 
ne, afin qu'il s'étende bien au rou- 



(49) 
leau y et se décharge mieux à 

répreuve ; il présente également 

l'avantage de se fixer facilement sur 

la pierre et de ne pas se mêler à 

Teau qui sert à humecter cettepierre • 

De r Impression en général. 

Pour obtenir une impression par 
les procédés lithographiques , il 
faut y apporter la plus grande pré- 
caution j pour réussir voici celle 
qu'il est essentiel de suivre. On doit 
avoir soin de laver la pierre avec 
de l'eau après chaque tirage , et 
même de temps en temps il ^st bon 
de l'humecter avec de la ^omme 
( * ). Si malgré toutes ces précau- 

» ■ i \ m 

( * ) En lithographie on ne doit employer que 
de la goilime arabique, préalablement dissoute 
dans de Peau fraîche. 



(5o) 
tions le noir s'attachait dans les 
parties qui ne doivent pas être 
coloriées , il faudrait bien vite 
éponger la pierre à grandes eaux. 
L'imprimeur doit avoir plusieurs 
éponges, dont chacune est consa- 
crée à un usage particulier. La 
plus grande sert pour les lavages 
légers et pour humecter la pierre , 
jamais pour l'encre et encore moins 
pour Tacide ; cette éponge doit 
être tenue bien propre, autrement 
elle pourrait gâter l'impression : 
les autres destinées pour l'encre et 
pour humecter la pierre avec l'aci- 
de doivent être plus petites. 
. Si , en suivant dans ce tirage la 
méthode que nous indiquons , on 
craignait encore de salir les pier- 
res par un tirage trop répété, ou 



(5i ) 

par la mauvaise qualité de Tencre, 
on pourrait se servir avec avantage 
du procédé suivant pour enlever 
toutes les souillures. U faut mêler 
deux parties environ d'huile d'oli- 
ve, deux parties d'essence de té- 
rébenthine et trois parties d' eau : 
on agite fortement le mélange dans 
un vase jusqu'à ce qu'il écume. 
C'est avec cette écume qu'on lave 
la pierre en la passant rapidement 
dessus avec une éponge. Avant de 
faire cette opération, il convient 
de l'imbiber d'eau , afin que les 
huiles ne puissent se combiner 
qu'avec les substances grasses. 

Il arrive, dans ce lavage avec 
l'écume , que les traits disparaissent 
entièrement et que la pierre de- 
vient toute blanche j cet effet ré- 



(50 
suite de ce que la térébenthine se 

combinant avec les parties grasses, 
les enlève , et qu'en même temps 
l'huile imbibant les traits couverts 
d'encre , s'empare du noir. L'eau 
qui se trouve dans le mélange hu- 
mecte toutes les parties de la pierre 
qui avaient été d'abord mouillées et 
empêche que l'huilene les pénètre. 
La pierre étant bien essuyée et 
lavée à grandes eaux , paraît sans 
aucune trace de dessin ; on croirait 
qu'on a tout effacé et qu'on serait 
obligé de refaire le dessin de nou- 
veau j mais comme il est toujours 
resté de l'encre résineuse dans les 
traits, le noir seul en est disparu. 

On reproduit le dessin en le co- 
loriant de nouveau avec le rouleau 
chargé de noir j pour cela on com- 



( 53 ) 
mence à passer sur la pierre un 
enduit d'une légère dissolution de 
gomme , destiné à empêcher que 
le noir qu'on doit passer pour co- 
lorier les traits ne puisse s'étendre 
ailleurs que sur ces mêmes, traits 
résineux qui ont repoussé la gom- 
me. Ainsi en passant le rouleau 
chargé de noir, on voit les traits 
reparaître plus nets et plus colo- 
riés qu'auparavant. 

Préparation à faire aux pierres 
dessinées que ton veut imprimer • 

Le dessin étant fait sur la pierre 
de la manière que nous avons indi- 
quée précédemment, soit au pin- 
ceau , soit au crayon ( * ) , on met 

>l I Il I I ■! . Ill I I , 

^ '^ ) La pierre dessinée à la pointe ne demande 
d^autre préparation que d'hêtre lavée à Feau au mo* 
ment de Timprimer. 7 



( 54 ) 

la pierre dans un baquet de boîl 
assez grand pour la contenir, et 
l'on yerse dessus toute sa surface 
de Pacîde nitrique étendu dans 
60 parties d'eau environ. Aussitôt 
qu'on Toit une légère ébuliition, on 
verse de l'eau fraîche dessus, onl'é- 
goutte , puis on recommence trois 
ou quatre fois en terminant tou- 
jours par l'eau fraîche , et l'oil 
donne de suite une couche de gom- 
me ( * ). La pierre étaiit dans cet 
état , on lève la barre 7 de la pres- 



(^*) Cette opération ne se fait qu^unefois. Lor»- 
qu^on cesse d^imprimer y on donne une couche de 
gomme à la pierre, ayant soin de bien l'étendre avec 
une éponge sans y laisser d^inégalité. La gomme 
étant sèche, la fierre peut, par ce moyen, se 
conserver long-temps. Pour la réimprimer, il suf- 
fit de passer sur toute la pierre de Thuile de lia 



(55) 
$e; et le chariot poussé à l'autre 
extrémité du tourniquet, on lève 
le cadre qui le couvre pour y pla- 
cer la pierre. 

La pierre étant ainsi assujettie 
dans le chariot, on verse dessus un 
peu d'huile dans laquelle on a mis 
précédemment un dixième d'es* 
sencede térébenthine et qu'on passe 
avec une petite éponge sur tous 
Içs traits du dessin pour les dispo- 
ser à mieux recevoir l'encre du 
fouleau. On enlève de suite cette 
huile avec un mauvais linge , et on 
lave la pierre à grandes eaux qu'on 
enlève avec une éponge bien pro- 
coupée d'essence de térébenthine , pour disposer 
les traits k reprendre le noir du rouleau q^ue l'oii 
passe dessus après avoir la,v4 la, pierre à grande* 
eaux. 



(55) 
pre, puis on la ressuie avec uit 
linge légèrement humecté et mis 
en plusieurs doubles , afin de pou- 
voir la charger de noir ou toute 
autre couleur avec le rouleau , ce 
qu'on appelle encrer la pierre. 

Alors rîmprimeur pose la feuilr 
le ( '*' ) sur le cuir du cadre qu'il 



■■> «»■' 



* ( * ) Le papier doit être légèrement humecté 
pour être imprimé. Il faut pour cela tremper le« 
feuilles dans un baquet d^e^iu , on ne trempe dao9 
ce baquet que la moitié du papier que Ton yeut 
imprimer , et l'autre moitié sert k intercaller Ie« 
feuilles sèches entre celles qui sont mouillées. Oa 
met le tout à plat entre deux planches que Toi^ 
charge sufîisamment deux heures après environ , 
pour affaisser le papier. L'imprimeur fait ordi- 
nairement cette opération. le soir pour imprime^ 



le lendemain matin.. Pendant ce temps les feuilles 
mouillées humectent lés sèches et celles-ci dimi- 
nuent la trop grande humidité des autres. 



(57) 
vient de lever et qu'il rabat avec 

la feuille de papier , fait retomber 
la barre 7 et engage le pêne 8 dans 
Tentaille de la barre 9. Il monte 
8ur la planche 1 3 , qui exerce une 
pression y à l'aide des deux leviers 
11 et 12, sur la règle frottante, et 
celle-ci sur la pierre, en faisant 
mouvoir le tourniquet i4} il amène 
le chariot jusqu'auprès de ce tour- 
niquet et exerce ainsi une pression 
sur toutes les parties de la pierre que 
la tringle parcourt. 

L'imprimeur descend de dessus 
la planche i3 , pour relever la bar- 
re 7 , et repousse le chariot à l'au- 
tre bout de la pressé j il relève le 
cadre de dessus le chariot pour en 
retirer l'épreuve qui se trouve sur 
^a pierre, et de suite on mouille la 



V 



(58) 
pierre ( * ) que l'on ressuie de nou- 
veau avec le linge humecté :r alors , 
en recharge la pierre pour, obtenir 
d'autres épreuves* Enfin le procédé 
est le même pour toutes les épreu- 
ves. 

Si^ dans le cours du tirage , on 
remarquait que quelque chose man- 
que au dessin , on pourrait retou- 
cher de cette manière: aussitôt l'é- 
preuve, enlevée de dessus la pierre 
qui se trouve séchée par le foulage 
occasionné par l'impression ^ on 
peut retoucher au crayon , à la 
plume ou au pinceau , selon le 
genre du dessin j la retouche faite , 

on recouvre toute la surface de la 

> ■——-■'- » ■ — ■■ I ■ 

( * ) Il faut avoir soin de la tenir toujours hu- 
mectée , quand il arrive que la pierre sèche , la 
préparation se perd. 






pîeïre d'une couche de gomme 
qu*on lave un instant après pour 
continuer l'impression j et si quel- 
que chose manquait , on recom- 
mencerait la même opération. 

On peut par le moyen de plu- 
sieurs encres de difFérentes cou- 
leurs, et plusieurs pierres répairées, 
où Ton aura décalqué le même su- 
jet, obtenir un résultat semblable 
à celui que Ton produit avec la 
gravurç. sur cuivre, dite en cou^ 
leurs à quatre planches. 

Impression par transposition. 

L'encre graisseuse que l'on em- 
ploie dans la lithographie , étant 
assez longue à sécher , quoique 
susceptible de s'épaissir, il était 
intéressant de profiter de cetincon- 



( <îo ) 
vénîent pour obtenir une impres- 
sion, en transportant sur la pierre 
un dessin ou une épreuve faite sur 
un papier gommé. Les méthodes 
que Ton emploie pour y parvenir 
peuvent se diviser en deux espèces. 
La première consiste à transporter 
sur la pierre les épreuves d'un des- 
sin déjà lithographie, et la deu- 
xième à y fixer un dessin ou écri- 
ture tracé sur le papier gommé. 

Transposition par épreuves. 

ï Une épreuve lithographiée par 
les moyens ordinaires peut fournir 
une contre-épreuve en l'appliquant 
toute fraîche sur la pierre, en sorte 
que, par ce moyen, on peut obte- 
nir sur-le-champ une nouvelle 
planche qui rend le même dessin 



( 6i y 

que la première. La pierre doit 
être complètement sèche j car, si 
elle était mouillée, il est évident que 
Teau repousserait le noir du pa- 
pier, et celui-ci ne se fixant pas sur 
la pierre, ne pourrait pas produire 
une impression j mais , la planche 
étant bien sèche, en appliquant 
l'épreuve sur sa surface et pressant, 
on obtient un dessin ou des lettres 
tout- à- fait fixées sur cette pier- 
re ( * ). 

On peut, par le même procé- 
dé ,' transporter sur la pierre une 
épreuve fraîche d'une gravure sur 
cuivre que Ton vient d'obtenir. 
Pour réussir, il faut seulement l'a- 

( * ) Ainsi , pour obtenir des épreuves d'un 
dessin transporté , il suffit de préparer la pierre 
comme nous Tavons indiqué page 53. 

8 



voir imprimée sur xm papier très- 
gommé, ce qui empêche l'enci^e 
de tenir au papier , à cause de la 
gomme dont il est revêtu. Il s'en 
suit que l'épreuve se reporte plus 
facilement sur la pierre : les seules 
précautions à prendre , dans Tune 
ou l'autre méthode, sont de déta- 
cher avec soin le papier de la 
pierre. Pour cela, il suffit de le 
mouiller légèrement î si on négli- 
geait cette attention, plusieurs traits 
pourraient s'enlever, ou du moins 
ne seraient pas bien nets. 

H n'est pas impossible de trans- 
porter sur la pierre , par des pro- 
cédés à peu près semblables , d'an- 
ciennes gravures devenues rares, 
et que l'on désirerait multiplier. 
Quoique les traces sèches des an- 



(63) 

cîennes gravures ne semblent gnè- 
res propres à donner une nouvelle 
impression, on peut cependant les 
en rendre susceptibles en les hu- 
mectant de nouveau. Quelques es- 
sais nous ont prouvé qu'il n'était 
pas impossible d'en reproduire ain- 
si, en les colorant de nouveau avec 
une encre typographique ordinaire. 
Il faut d'abord humecter le papier 
avec des acides étendus d'eâu qui 
en attaquent la colle et les rendent 
plus perméables à ce dernier liqui- 
de : on empêche en même temps 
le papier de recevoir l'encre du 
rouleau j mais, pour que l'encre 
de ce rouleau ne se mêle point avec 
les acides , on passe sur la planche 
tme légère couche de gomme ara- 
bique , que l'on a soin d'étendre 



(64) 

avant de tirer Ifes épreuves : le noir 
de la gravure devient aussi plus sus- 
ceptible de recevoir la couleur du 
roulea^, et par conséquent, de 
pouvoir donner plus facilement 
upe contre - épreuve. L'estampe 
étant suffisamment naircie , on 
transporte la gravure sur la pierre j 
il ne s'agît plus ensuite que d'opé- 
rer la pression. Si tcTutéS les opéra- 
tions ont été bien conduites, on 
obtient une contre - épreuve assez 
exacte. 

I 4 1 - • . I ' 

On peut encore obtenir des con- 
tre épreuves par un procédé peur 
différent , et cela , en recouvrant 
la gravure avec de l'amidon^ cuit 
dans l'eau seulement. Avant de 
faire usage de l'amidon, il fautj^ 
lorsqu'il est coagulé , le mêler aveq 



(65) 

de l'acide sulphurique en y ajou- 
tant un peu de soude, puis avec 
l'encre typographique, ordinaire. 
Alors le blanc du papier , défendu 
par l'amidon qu'on y a mis précé- 
demment , ne reçoit point le noir 
de l'encre , tandis que les traits de 
la gravure s'en colorent. On enlève 
ensuite ,. avec soin et avec une 
éponge , l'amidon qui avait collé 
la gravure^ cette opération termi- 
née , on porte la gravure sur la 
pierre, et l'on opère la pression. 

Les deux opérations que nous 
venons de décrire réussissent le 
plus ordinairement ; mais elles sont 
très-difHciles à exécuter. Il est fa- 
cile de juger avec quelle précau- 
tion il est nécessaire d'agir pour 
parvenir au résultat qu'on se pro- 



(66) 
pose : M. Darcet a , dû reste , assez 
bien réussi, sur-tout pour obtenir 
une contre-épreuve d'une gravure 
ancienne ^ en employant le lait pur 
ou Teau de savon. Une cause célè- 
bre a prouvé depuis peu combien 
ces moyens étaient 3ûrs et faciles. 
Cependant le point le plus difScile 
dans Tart de transporter sur la 
pierre une gravure ancienne, est 
d'en i^endre l'encré assez colorée 
pour donner une impression. Au 
reste, quand les gravures sont peu 
anciennes , on peut bien les con- 
tre-éprouver sur la pierre , soit par 
le moyen du lait pur, soit simple- 
ment avec l'eau de savon, ainsi 
que l'ont pratiqué MM. Darcet et 
Choron pour la contre-épreuve de 
la musique. 



(<î7) 
Transposition du Dessin» 

Il est assez ingénieux de pouvoir 
profiter d'un dessin ou d'une let- 
tre qu'on vient de tracer , et dont 
on peut obtenir un nombre d'é- 
preuves indéfini : les procédés ea 
sont aussi simples que prompts. 

Il s'agit d'abord d'écrire ou de 
dessiner avec l'encre résineuse dont 
on se sert pour écrire sur la pierre , 
qu'on a soin de rendre un peu 
épaisse^ 

L'écriture ou le dessin doit ^e 
faire sur un papier enduit d'une 
dissolution de gomme. Comme l'en- 
cre et la gomme sont très-solubles 
dans l'eau, il en résulte qu'en 
mouillant le papier de l'autre côté 
du dessin seulement, l'écriture ou 



(/8) 

le dessin s'en détachent plus facile- 
ment pour se reporter sur la pierre : 
à peine en reste-t-il quelques tra- 
ces sur le papier. Quand aux pro- 
cédés pour en obtenir des épreu- 
Tcs , ils sont toujours les mêmes 
que ceux à suivre pour le dessiu 
fait sur la pierre. 



FIN. 



ESSAI 



SUR 



LA RELIURE 



A MES AMIS- 



J^ES voilà ces Notes promises 
depuis si long -temps! Je cède au 
désir de V amitié y et la critique 
peut maintenants^ exercer sur m,oi; 
mais si je n! atteins pas le but que 
je me suis proposé ^ si je ne par-- 
viens pas à bien décrire la théorie 
des procédés que j*ai pratiqués , 
il me restera toujours le plaisir 
d avoir formé des élèves dont je 
ni! honore. Qit!il me soit permis de 
citer entre autres y M, Alexandre 

2) y conseiller à la cour 

royale j un des plus habiles ama^ 



(7») 
leurs } M. Guillot^ ex - aide de 

camp y et M. Lorillard^ relieur y 

place St. Georges j à Dijon , dont 

les reliures sont recherchées. 

Tai composé ces Notes en 

pensant à vous ^ recevez - les , 

mes Amis y comme un gage démon 

souvenir. 

MA IRE T. 



INTRODUCTION. 



J 'ai suivi dans ces Notes , toutes 
les opérations de la reliure , mais 
je n'ai fait que mentionner avec 
quelques observations celles que 
j'ai cru assez connues j cependant 
il est essentiel de les lire toutes at- 
tentivement , si l'on veut les bien 
comprendre et se mettre à même 
de les exécuter avec facilité. 

Ce n'est point l'art du relieur 
que je prétends donner ici ^ mais 
de simples notes sur les divers pro- 
cédés, qui m'ont le mieux réussi. 



ESSAI 



SUR 



LA RELIURE. 



ARTICLE I. 

Pliement des Feuilles. 

Il est peu d*amateurs, ou relieurs 
qui ne sachent comment on plie 
les feuilles d'un livre , mais la plu- 
part n'apportent pas assez de pré- 
cautions à cette opération , bien 
plus essentielle qu'elle ne le paraît. 
Il faut avec le plus grand soin 
faire tomber les chiffres de pagina- 



i 



{7«> 
tîonlesunssur les autres, de manière 

à ce qu'en rf ^i?da9t le cahier au 
transparent , tous les cadres de jus- 
tification se rçHCcmtrent bien, et 
que les marges de tête et de dos ( "•" ) 
du recto, et du: v«r§^Q, «oiei^t tirès- 
ëgales. 

ARTICLE II. 

Découdre un livre déjà relié. 

Cette opération doit se faire avec 
beaucoup .de spia et de précaution j^ 
on commence par déchiirer lesrgaj^ 
desdan^s lea mors ,, sans attaquer la 
partie dw- caliiai? contne. laquelle la^ 
gjE^rd^ esft collée, puis 03?. lever la^ 
veau ou basane ,^ etc. qui Eecouyxe. 

(*) On appelle tète Khaut du livre, et dos Iç 
fond. 



(77) 
le livre, ensuite en cotipô tom les^ 

fils y qui se trouvent sur le dos, 
sur- tout les chaînettes ( "^ ) de tête 
et de queu^ , ainsi que les ficelles 
qui tienn^ent les cartons ; cela fait, 
on sépare les cahiers , en commen- 
çant par 1q premier et tenant le vo-- 
luiné à plat sur la table , le recto en 
dessus , on appuie la main droite 
sur les cahiers qui suivent celui 
qu'on veut détacher. Loriique les 
cahiers sont sépares on les ouvre 
tous Tun après l'autre, pour en ôter 
les fils et les ordures qui se trou- 
vent entre chaque feuille , que l*ôn 
nettoie ensuite avec de la mie de 
pain rassis, en la passant sur toute 

/ 

{*) On appelle chaînette la partie du fil de la 
couture qui parait en tète et en queue, sur le dos 
du Tolttm^. 

lO 



(78) 
la surface de la feuille f au recto et 
au yersio ; la mie de pain n'enlève 
aucuns corps gras, ni les taches 
d'encre, de suie ou de tabac, mais 
cette opération est de rigueur pour 
mettre le livre en état d'être relié, 
ou nettoyé s'il est besoin , par d'au- 
tres procédés. 

ARTICLE m. 

Procédé pour enlever les corps 
gras sur les livres et estampes. 

Après avoir nettoyé les livres à 
la««nie de pain , on fait chaufîer la 
feuille tachée pour enlever le plus 
que possible de la tache, avec un 
fer chaud et du papier brouillard ^ 
ensuite avec un pinceau imbibé 
d'huile de térébenthine presque 



( 79 ) 
bouillante, on frotte légèrement 

les deux côtés de la feuille qu'il 
faut tenir chaude. On réitère cette 
opération autant que la tache l'exi- 
ge. Lorsqu'elle est enlevée , on 
trempe un autre pinceau dans de 
l'esprit de vin très-rectifié , et on 
frotte légèrement la tache pour 
enlever ce qui pourrait reparaître, 
sur- tout vers les bords qui sont plus 
tenaces que le reste. 

En employant ce procédé avec 
précaution , les caractères écrits 
ou imprimés n'en seront pas alté- 
rés, la tache disparaîtra entière- 
ment, et le papier reprendra $s^ 
blancheur première. 



(8o) 
ARTICLE ly. 

Procédés pour enlever les taches 
deipcre, de suie ou de tabac ( * ). 

Les feuilles étant bien nettoyées 
à la mie de paln^ et les taches de 
graisse enleréeSy on met une ou 
plusieurs feuilles tachées <ians un 
yase de cuivre rouge, ou de terre 
vernissée , qui puisse aller au feu 
et assez grand , pour que ies feuil- 
les y tiennent à plat sans être gê- 
nées? on verse ensuite dans le vase 
et sans toucher les feuîlles( ** ) une 



-r» 



( * ) M. Chaptal recommande pour le blanchi - 
ment des livres et des estampes, Vacide niuriatique 
oxigené ; son procédé «st eatcelkint , mais la pré- 
paration et l'appareil qu'il exige le rendent d'une 
exécution trop difficile aux amateurs. 

( ** ) La solution doit recouvrir les feuilles de 
deux lignes au moins. 



(8i) 
forte solution d'acide tartarique, 
dans la proportiou. de deux gros 
d'acide pour six onces d'eau, on 
élève la température jusqu'à ce 
que cette solution frémisse ou 
bouillonne sur les bords , pendant 
environ trois ou quatre minutes; 
ensuite on décante la liqueur pour 
la remplacer par de l'eau fraîche , 
qu'on décantera trois minutes 
après. Si les taches paraissaient en- 
core, il faudrait recommencer toute 
l'opération. Les taches enlevées , on 
fait bien égoutter l'eau, sans que 
les feuilles vacillent dans le vase } 
ensuite on les enlève avec précau- 
tion. Tune après l'autre, pour les 
mettre ressuyer sur des feuilles de 
carton , et après on les étend sur 
des cordes en plein air. Ce procédé 



/ 



(82) 

m'a toujours très-bien réussi j mais 
le point essentiel est de ne pas tou- 
cher les feuilles tant qu'elles sont 
dans le liquide , car le moindre 
frottement les altère. Le papier 
ne perd aucune de ses qualités, 
sinon qu*il se décolle entièrement. 

AUTRE PROCÉDÉ. 

On commence par humecter tou- 
tes les feuilles, que Ton suspend 
sur des fils attachés dans une caisse 
de sapin, fermant hermétiquement 
et dont tous les joints doivent être 
lûtes avec de la cire et du suif, mê- 
lés en parties égales. Avant de 
fermer la caisse , on introduit sous 
les feuilles suspendues, un mélange 
d'une partie d'oxide rouge de 
plomb ou minium, avec trois par- 

\ 



(83) 

tles d'acide muriatique ordinaire. 
Il faut que ce mélange se fasse dans 
un vase de verre et au moment 
même de l'introduire dans la caisse, 
qu'il faut de suite fermer et luter , 
pour ne point laisser échapper la 
vapeur qui ^ en se dégageant du 
mélange, doit blanchir les feuilles 
humectées : on ne doit ouvrir la 
caisse qu'après quarante-huit heu- 
res. Il n'est guères possible de dé- 
terminer la quantité des acides ; 
le nombre de feuilles n'y fait rien ; 
celaf dépend de la grandeur de la 
caisse, par exemple, pour un boîte 
d'un pied carré , on peut mettre 
quatre, onces d'oxide rouge et dou- 
ze onces d'acide murîatique. 



(84) 

ARTICLE V. 

Les opérations précédentes ter- 
minées , on reforme les cahiers , et 
Ton dispose les gravures et cartons 
pour les placer dans le volume : on 
commence par les couper en dos 
et en tête pour les faire aller avec 
la justification de la page, à laquelle 
la gravure doit faire face : puis on 
la colle, ayant soin de mettre tou- 
jours la colle derrière la gravure, 
excepté quand là gravure regarde 
la première ou la dernière page 
d'un cahier^ dans ce caSf.^mla colle 
sur le devant pour évîtei i^ia'elle ne 
soit souillée en battant le livre ( * ). 

{* ) On ne bdt jamais un volume , que vingts- 
quatre heures après y avoir collé les gravures, 
autrement la colle s^tendrait sur les marges , et 
le marteau couperait les parties qui seraient en-* 
core humides. 



( 85 ) 
k. colle doit se mettre au bord seu- 
lement de la gravure et servir en 
même temps à coller le papier de 
soie ( * ) que Ton a soin de mettre 
devant chaque gravure pour l'em- 
pêclier de se macider. 

ARTICLE VI. 

Du Battage des livres. 

Dé toutes les opérations de la 
reliure^ ceUc-ci exige le plus de 
soins f on commence par diviser le 
volume en plusieurs parties à peu 



( * ) Le pî. t de soie doit être coupé de la même 
grandeur qî ' If volume, il faut le choisir le plus 
fort possible j on se sert avec avantage d'un papier 
pdui« vélîa y demi-colle. On intercalle entre cette 
feuille: et la gravure un autre papier de soie» 
plus mince et qui ne tient ^ rien afin de pou- 
vioir rôter du volume lorsque la reliure est 

terminée. 

11 



( 86 ) 

près égales, leur nombre dépend de 
son épaisseur ("*"). On bat d'abord 
la première partie , le recto en des- 
sus , et on a soin de passer le titre 
sous la battée pour éviter qu'il ne 
soit sali par le marteau , auquel on 
fait parcourir toute la surface de 
cette battée , en frappant bien éga- 
lement . Chaque coup de marteau 
doit frapper bien d'aplomb, avoir la 
même force et n'avancer que de 
six lignes sur le coup précédent j il 
faut éviter de trop approcher des 
bords , ce qui immanquablement 
couperait les cahiers } cette battée 
ayant ainsi reçu une volée (*"*"), 

( * ) C'est ce qu'on appelle en terme d'ouTrier, 
une ou plusieurs battées. 

( ** ) On appelle volée , parcourir ayec le mar- 
teau toute la surface du volume. 



(87) 
on la retourne pour en faire autant 

de Tautre côté ; après , on passe un 
ou plusieurs cahiers de dessus sous 
la battée , de manière à ce que les 
deux côtés qui ont reçu les coups 
de marteau, se trouvent l'un contre 
l'autre j on donne une seconde vo- 
lée à cette battée, et ainsi de suite, 
car il faut que tous les cahiers pas- 
sent l'un après l'autre sous le mar- 
teau, autrement, les feuilles de des- 
sus et de dessous de chaque battée, 
recevraient seules les coups de mar- 
teau, et seraient lissées , affaiblies, 
maculées j enfin on ne pourrait 
rogner le volume en gouttière , car 
la partie lissée coulerait et ne se 
prêterait pas au ballotage comme 
les autres. Cette battée ayant reçu 
les volées nécessaires, on la dé- 



(88) 
borde ( * ) J comme cette opération 
termine le battage , on touche à pe- 
tits coups en tournant tout autour 
de la battée, et en ayant soin de 
frapper plus sur les quatre coins 
que partout ailleurs , pour faire 
bomber le milieu , sans cela on ne 
pourrait presser le volume sans faire 
plisser les feuilles. 

On en fait autant à toutes les bal- 
tées. 

ARTICLE VII. 

Quand les volumes sont battus , 
on les met dans la grande presse 

' ( * ) C*est-k-<lire frapper à petits coups avec 
le marteau sur les bords, ensorte que la main qui 
tient le manche du marteau , soit en dedans du 
volume, pour toucher plus sûrement et éviter 
de couper ks cahiers. 



(89) 
( * ) , on les pose d'abord sur un 
carton à droite , et les ais ( ** ) à 
gauche de la presse : on commence 
par mettre un aïs dans la presse et 
bien au centre, pour que la pression 
-soit égale , • on met sur cet ais la 
première partie d'un volume, le 
recto en dessous, la tête à sa gau- 
che et le dos devant soi, bien dans 
le centre de Tais pourles deux bouts. 



( * ) Pour mettre en presse , on divise les vo- 
lumes en deux, trois ou quatre parties, suivant 
leur épaisseur, en ayant soin de ne pas les divi- 
ser dans les endroits où ils Pont déjà été pour 
être battus, car les feuilles déjà lissées par le 
marteau , le seraient encore par les ais. 

(^** ) Les ais sont des planches de 4 à 5 lignes 
d^épaisseur, d^un hois dur et susceptible de se 
bien polir : ils doivent être un peu plus grands 
que les volumes qu'on veut mettre en presse. Ces 
ais varient pour la grandeur , suivant le format 
des livres. 



(90) 
le dos presqu'à fleur de Vais, sur le 

devant , et tous les cahiers très-jus- 
tes l'un surTautre en tête et en dos. 
On recouvre cette première partie 
d'un ais en le faisant tomber bien 
d'aplomb sur l'autre, et on place 
dessus la partie suivante du volu- 
me , le recto toujours en dessous et 
bien d'aplomb avec la première, on 
continue de même pour le reste du 
volume, et ainsi de suite pour tous 
les autres, afin que chaque partie 
se trouve séparée par un ais, de 
manière à ce que la pressée ( * ) 
soit bien d'aplomb avant que de 
serrer la presse. 

On ne saurait presser trop fort. 



( * ) Une pressée, est la quantité de volumes que 
contient la presse. 



(91 ) 
et les volumes doivent rester douze 

heures au moins dans cet étatj 
après ce temps on retire les volu- 
mes de presse sans faire de mélan- 
ges. 

ARTICLE VIIL 

Le livre retiré de la grande presse, J? 
on le coUationne , ce qui se fait - • 
en prenant le volume de la main 
droite^ en tête de la gouttière ( * ) 
et le serrant fortement : la main 
gauche tient la queue en dos du 
livre, dans cet état, on tourne la 
main droite un peu en dessous, ser- 
rant toujours le coin qu'elle tient, 
ce qui oblige le pouce de la main 
gauche à lâcher les cahiers qui se 

( * ) La gouttière est le devant du livre. 



(9^) 
renversentsnr le poignet de la main 
droite, le ponce gauche ne doit 
laisser renrerser qu'un cahier à la 
fois aiîn d'avoir le temps d'apper- 
cevoir les lettres ou cliîiïres de ré- 
clame qui sont au bas du recto de 
chaque cahier. 

ARTICLE IX. 

Quand le livre est coHationné, on 
le bat de nouveau, avec les mêmes 
— ""• "itions que la première fois, 
lent on le bat moins fort; 
econde opération sert à effa- 
i plis formés par le premier 
e: si le volume est plissé dans 
eu, il faut battre un peu plus 
bords, si au contraire ce sont 
ins qui plissent, on battra 



(93) 
tm pen plus le milieu : cette opéifa- 

ûon finie; on remet le volume en 
presse, en suivant pour cette fois 
ce qui a été indiqué pour la précé- 
dente. 

ARTICLE X. 

Le livre ayant été battu et pressé 
une seconde fois, on le coUationne 
ainsi: on pose le volume sur la table, 
le recto en dessus, et avec un plioir 
on coupe tous les cahiers en tête 
et en gouttière ; le premier caliier 
étant coupé on le place à sa gauche, 
le recto en dessous, le second de 
même et ainsi de suite , en ayant 
soin de les placer l'un sur l'autre 
afin d'éviter le mélange. Tous les 
cahiers étant coupés , on redresse 
le volume en tête et en dos , on le 



(94) 

place 6ur la table/ le recto en dç^i^' 
et on appuie le poignet ganclie. $w 
le plat du livre , près du do?, en te- 
nant le pouce élçyé en dessus afin 
de retenir les feuillets que le pmice 
et l'index de la main 4roite retour- 
nent un à un ( * ) , pour acquérir 
la certitude que Tordre de pagina- 
tion n*est pas interrompu. 

Cette mëthode a davantage de 
rendre le volume plus facile à être 
rogné en gouttière et de pouvoir 
ménager les marges, chose très* 
essentielle et toujours trop négligée. 

ARTICLE XI^ 

On colle les gardes blandies, en 
mettant sur leui^ .bqrd^^ 4vl cjQté du 



'^^^■— ^^^— T^^T— i— — w^^^pyyyn^^^f^iwp m ■ ■ ii i 



( '^ ) Il faut avoir coin de ne pas déranger Içi 
feuillets dans le ^nd du Gabier. ^ 



i^5) 
dos, delà colle d'une ligne de large, 
p<3iUr les faire tenir après le premier 
jPeûîllet du premier et deriiier caliiers 
dtt litre i en ayant soin que là gar- 
dé affleure la tête et le dos du cahier. 
Pour les reliures soignées , on doit 
ihettré pour gardes ^ quatre feuillets 
formant un petit cahier qui doit 
être grecque et cdusu comme l0 
reste du yolume . 

Il faut choisir pour gardes blan- 
ches du papier collé ^ le plus sem- 
blable possible à celui sur lequel, 
le livre est imprimé. 

' ARTICLE XII. 

Lorsque les gardes sont collées , 
an grecque le livre pour le coudrej 
on appelle grecquer, entailler le 
doâ avec uAe scie pour loger lei 



(9«) 
ficelles sur lesquelles on coud; les 

livres à nerfs ne se grecquent que 
pour les chaînettes y celle de tête 
doit être à six lignes du bout^ et. 
celle de queue à douze ou quinze 
lignes y selon le format , parce que 
Ton rogne toujours plus le volume 
en queue qu'en tête à cause des 
fausses marges. Pour les livres nom- 
més livres à la grecque, la première 
grecque doit être à deux pouces 
de la tête pour un in - 8°., vingt 
lignes pour un in-ia et un in-i8. 

ARTICLE XIII. 

Coudre. 

U y a deux sortes de coutures, la 
couture à nerfe et celle à la grecque: 
cette dernière est la plus facile, il 
faut seulement avoir soin de bien 



(97) 
diriger le fil pour faire répaissenr 

des cartons, ce qu'on appelle le mors. 
Sx les cahiers sont nombreux et d'un 
papier mince , on aura soin de 
prendre du fil très-fin et de coudre 
à deux cahiers ( les deux premiers 
et derniers cahiers doivent toujours 
être cousus seuls ). Si les cahiers 
du livre sont forts et peu nombreux, 
on prendra du gros fil afin de pou- 
voir former le mors , et on coudra 
à ua seul cahier; enfin il faut tou- 
jours proportionner le fil à l'épais- 
seur des cahiers, il faut surtout évi- 
ter de faire trop de dos, car cette 
couture permet de baisser les car^ 
tons avec la pointe à endosser, ce 
qui donne la facilité de faire assez- 
demors. Il n'en est pas de même 
de la couture à nerfs, le fil qui est 



' (98) 
croîsé par-dessus la ficelle ne per- 
met pas d'écarter les cahiers pour 
former le dos^ on aura donc sôiil 
de niettre assez de fil pour que le 
dos s'arrondisse de lui-même. 

La couture à nerfs diffère peu de 
l'autre , seulement les cordes qui st 
trouvent incrustées dans le dosi pour 
la couture à la grecque , sont dans 
celle-ci sur le doS et forment cet 
côtés que Ton voit Sur le dos du 
livre lorsqu'il est relié : le cousoir 
pour cette sorte de couture doit 
être morité avec beaucoup de ré- 
gularité , les cinq ficelles doivent 
être à égale distance : la distance de 
tête plus grande que celle di entre 
nerfs j et celle de queue plus longue 
que celle de tête. 

On ne peut coudre qu'un seul 



( 99 ) 
volume à la fois parce que les ficel- 
les ne glissent pas. Lorsqu'on a plu- 
sieurs volumes du même ouvrage , 
il faut absolument que le cousoir 
soit monté comme pour le premier 
volume. Le fil de cette couture se 
tourne autour, de chaque ficelle y 
la personne qui coud , au lieu de 
passçr son aiguille à gauche de la 
ficelle en revenant de queue, la 
passera dans la couture à ner& , à 
drpite , pour repasser ensuite à gau- 
che, cq qui fera faire le tour au fil. 

f 

ARTICLE XIV. 

Détortiller les ficelles ^ les racler 
et les encollerpour faire la pointe. 

Onnedoitmettrede la colle qu'au 
boutj si on en mettait trop loin 
cela donnerait du roide aux ficelles. 




( lOO ) 

ARTICLE XV. 

^Piquer les Cartons, 

On place les cartons de chaque 
côté du livre et on trace avec une 
.pointe vîs-à-vis chaque ficelle, en 
ayant soin que le carton déborde la 
tête de 3 lignes* Les cartons tracés, 
on fait trois trous vis -à- vis chaque 
ficelle dans la ligne du trait et 
près du mors : deux trous sont 
piqués en dehors et un en dedans , 
les deux du dehors doivent être 
sur la même ligne et à la distance 
de deux ou trois lignes, celui du 
dedans à la même distance des 
deux autres et formant le triangle. 

ARTICLE XVI. 
Passer les Cartons. 
Les cartons étant piqués, on pas-» 



(loi) 
se en ficelle, c*est-à-dlre, on fait 
passer la ficelle dans le trou le plus 
rapproché du mors , en tirant le 
carton contre le dos et repassant la 
ficelle dans le trou du milieu, on 
la repasse ensuite dans le deuxième 
trou du dehors , on tire les ficelles 
et on les serre suffisamment , puis 
on s'assure que les cartons sont bien 
également serrés de manière à se 
fermer avec facilité , et formant le 
mors bien également : alors, on 
passe le bout de la ficelle de queue 
et de tête dessous la ficelle entre 
les deux trous faits en ligne verti- 
cale ; elle se trouve alors passée en 
dedans du carton, ainsi passée sous 
cette ficelle, on tire le bout pour 
serrer cette espèce de point , et celle 
passée dans les deux trous du de-> 

i3 



( 1Ô2 ) 

hors àf)puîe ètir lé bout qné Ton 
tiré , c'est le nœud qiiî empêche ïès 
ficèUèà de ô'échàfypter; Cette 6j)éra- 
iïoii faite, oh bat lëé ficelles, c^èsft- 
à-dif fe, a[|)|)latir avec le ifiàftéâti les 
ficelles passées dans les tfdùà potif 
les resserrer, âfiù que Célà Ûe fdààè 
pas épaisseur ^i- lé cdrtdii, céld èé 
fait Cfrdîriâîi-émexit siif là piérf é â 
pa*et: on tieiii le Tolmhè de Id 
ihâîn gàucKé pat le^ fénîlfeâ étdtk 
fcôté delà gouttière^ eiisflite oiï àp- 
pvLiè lé dos dû lii^re cdfitre lè bbrd 
de \é pierre , en laissant tomber lè 
càrtoîi dessus > dé Sorte ^tié lè iùôrà 
te ttoixrë côMté Fàfïglé dé la pîerfè 
istir èùti épàistetfreîlécartoii èiit soii 
ï>latj Ëldrs aii frappe dé là ihàîii 
droite aryéc lè inartèaii ihr chàcimè 
defi^ficèlte* éi des ttàxià àéscaxions^ 



<io3) 
suffisamment pour boucher les uns 
et baisser les autres^ mais de ma- 
nière cependant à ne pas couper 
les ficelles , ce qui arrive souvent 
lorsqu'on touche à faux, pu qup 1$ 
fice^e port/e trop sur l'angle de 1$ 
pierrp. J^es ficelles étant ainsi batr 
tues des deux côté$ , on prend le 
volume par la gouttière > les deux 
cartçns ouverts^ ensuite on appuiç 
le9 m^ins de chaque côté contre les 
gardes du livre dont on pose le dos 
sur la pierre , ajQr3 on frappe léger 
rement pour faj re cpuler les cahier^ 
et les égaliser afin que le dos sp 
trouve bien droit, on relève les car- 
tons et on le^ ferpie ensemble ppup 
que le mors ne se jette pas plus 
d'un côté qwe de Ji'autre. 



(io4) 

ARTICLE XVn. 

Endosser. 

On appelle endosser , former lô 
dos du livre: pour ce, on prend 
ordinairement six volumes ( pluô 
ou moins )^ il faut avoir deux mem*- 
brures et cinq aïs entre deux; on 
ouvre sufSsamment la presse à en- 
dosser pour contenir les ais etleô 
volumes j on pose une me'iiibl^are 
sur la première jumelle de la presse^ 
le côté mince de cette membrure 
étant contre l'ouverture delà presse 
et le côté épais contre Pendosseurj 
on pose un livre , le carton en 
mors , bord à bord de la membrure; 
on prend un ais entre deux, on le 
pose sur Fautre carton du livre ^ de 
manière à ce que Tais tombé per* 



( io5 ) 

J)eii<liculairement avec la membm* 
i-e et que l'angle se trouve juste au 
mors du carton, ainsi de suite jus- 
qu'à la seconde membrure , ayant 
Soin que les cartons soient bien 
à fleur des ais et bien alignés : ainsi 
ise compose ce qu*on appelle un 
paquet. On pousse le paquet avec 
la main droite , en le prenant par 
la membrure qui appuie sur la 
presse, la main gauche appuyantsur 
la membrure du dessus afin de te- 
nir le paquet et d'éviter qu'il ne se 
dérange ou tombe dans le porte- 
presse j on pousse ce paquet jusqu'à 
ce qu'il se trouve partagé par l'an- 
gle de la jumelle , de manière à pou- 
voir le renverser dans la presse pour 
y être serré et tenu suffisamment 
pour ne pas tomber, mais cepen- 



(,o6) 
dant pas assez pour empêcher les 
mouyemens que Ton donnera aux 
cartons et aux cahiers. On examine 
alors avec soin tous les cartons afin 
de les bien dresser avec les aïs. On 
commence par le volume qui se 
trouve contre rendosseur , on prend 
de la main droite la pointe à en^ 
dosser , on la glisse entre le carton, 
et le livre j si Ton veut descendre 
le carton , on appuie dessus en tour- 
nant légèrement la pointe, si au 
contraire on veut descendre le vo- 
lume, on tourne la pointe en appu- 
yant sur le volume j c'est par C0 
moyen que l'on parvient à faire les 
mors bien égaux. 

Lorsqu'on s'est assuré que les 
mors de tête et de queue sont bieii 
à la même hauteur et suffisamment 



( *o7 ) 
relèves pour couvrir les cartons, 

bn SLttôtidit uii peu lè dos en faisant 

baisser lés cahiers des côtés toujours 

avec là pointe à endosser , qui doit 

àpj>tiyêr Sur ceux que Toii veut 

bâiséër. fl fatit avoir soin de ne pas 

trop forcer la pointe qui pourrait 

décHîi'ef lés feuillets du livre. 

LèsclôS assez arrondis, les mors 

bîefa éptVLit et tous les cartons à là 

iriêmé hauteur, bien alignés avec 

les aïs , on relève ou Ton baisse lé 

jiaqtiet dé manière que les mem- 

bruressortent d'un pouce au-dessus 

des jumelles , on regarde si rien ne 

s'est déraûgé , on serre avec la plus 

grande force et également la presse 

des deux bouts: dans cet état, les 

livres bien maintenus dans la presse, 

on frappe sur les dos avec un petit 



( io8 ) . 
marteau 9 pour faire recouvrir par 
les cahiers les mors des cartoné, 
abattre les bosses et élargir les têtes 
et les queues qui se trouvent tou- 
jours plus serrées que le milieu. 
Cette opération faite, on attacha 
avec une corde le paquet par le 
haut , on le sort aux trois quarts 
de la presse en la desserrant égale- 
ment j le paquet remonté, on res- 
serre la presse avec précaution et 
peu de force, ensuite on lie le pa- 
quet dans le bas et on Tôte de la 
presse pour en recommencer lui 
autre. 

ARTICLE XVIII. 
Méthodepour endossera V anglaise 

Celle - ci est infiniment plus longue 
que l'autre. Il faut que la couture 



( 109 ) 
soît plus soignée que pour la pre- 
mère , elle doit être très-serrée ,* 
bien rabattue et on doit éviter de 
faire trop de dos avec le fil ; les dos 
doivent être bien dressés à la cou- 
ture , on y parviendra en ayant soin 
de serrer autant les entre -nerfs que 
les chaînettes ; cette partie est tou- 
jours trop négligée, car on ne prend 
pas la peine d'appuyer avec Tai- 
guille sur chaque côté des ficelles 
et à chaque cahier j sans cette pré- 
caution le volume sera toujours 
plus mince des deux bouts que du 
milieu , 9^ttendu que le point de 
chaînette serre toujours assez les 
deux bouts. 

Le livre bien cousu , on coupe les 
ficelles , on les détortille et on les 
ratisse seulement j dans cet état on 

i4 



(IIO) 

frappe le dos du livre sur la table 
pour le bien dresser^ puis on le 
place à plat sur la table , entre deux 
ais entre deux , que Ton a soin de 
mettre bord à bord du dos du livre 
en le tenant bien droit; il faut sur- 
tout éviter de laisser creuser, ar- 
rondir, ou gauchir le dos. Après 
avoir pris toutes ces précautions, 
on a de la colle de flandre très- 
chaude , même bouillante , dont on. 
imbibe le dos du volume , autant 
qu'il peut en entrer, on frotte le 
dos avec le pêne du marteau pour 
écraser un peu les cahiers et finir de 
les dresser. On retire le volume 
d'entre les ais, et quand il est à 
demi-sec, on arrondit le dos avec le 
marteau, en posant le livre à plat 
sur la table, la gouttière du côté 



( 111 ) 

de PouTrier , ayant le pouce contre 
la gouttière ^ et les doigts sur les deux 
côtés du mors que l'on veut tour- 
ner, frapper légèrement avec le 
marteau et tourner le volume pour 
en faire autant sur l'autre mors , 
ayant bien soin de ne pas lefe écra- 
ser avec le marteau. Le dos suffi- 
samment arrondi, on met le volume 
en presse entre deux membrures 
ferrées , ayant soin de laisser saillir 
les mors de la hauteur de l'épaisseur 
des cartons , préalablement on me- 
surera la hauteur des mors sur l'é- 
paisseur des cartons destinés au vo» 
lume. Le dos bien dressé, les ais 
bien dégauchis , on serre le tout 
dans la presse, pour ensuite frapper 
le dos avec le marteau , afin de l'ar- 
rondir et de former les mors bien 



( iiO 

carres et également de chaque côté : 
on ne retire le livre de la presse à 
endosser que pour le mettre dans 
la grande presse entre deux ais à 
dresser afin d'aplatir le yolume; 
il doit y passer cinq à six heures» 
En retirant les livres de la presse , 
on épointe les ficelles à la colle, on 
passe en carton en serrant suifisam- 
ment. Les livres cartonnés, on en 
forme un paquet dans la presse à 
endosser , et Ton apporte les mêmes 
soins que pour la précédente en- 
dossurcj seulement on ne se sert ni 
de pointe, ni de grattoir 5 puis on 
encolle les dos. 

ARTICLE XIX. 

Mettre les Dos en colle* 
Le paquet pr^éparé , on imbibe le 



(n3) 

dos de colle forte ( * ) bien chaude ^ 
et autant qu'il en peut entrer sans 
en laisser couler entre les ais , ni 
par les bouts du volume : alors on 
frotte avec le grattoir en Tinclinant 
un peu , de manière à bien dresser 
les dos et à ne pas les écorcher , car 
en tenant le grattoir trop droit on 
déchirerait les cahiers et on enle ve- 
rait les fils : cela fait on imbibe de 
nouveau avec de la colle et on re- 
gratte, puis on pose une légère 
couche de colle et on la frotte de 
suite avec une poignée de rognures 

( * ) Cette coUe se prépare au bain marie en 
faisant fondre dans un litre d^eau, une demi-livre 
de bonne colle de flandre concassée ; il faut quatre 
beures pour la dissoudre entièrement. On y ajo»* 
te trois à quatre gousses d^ail, un peu ayant de la 
retirer du feu. Lorscpe cette colle est trop forte, 
on p^t y ajouter de Teau. 



("4) 

de papier txès-doux. Ce frottement 
sert à nettoyer et à unir le dos ; on 
redresse et on relève ensuite les mors 
avec un plioir dont on fait passer 
le bout sur Tais en relevant le der- 
nier caliier qui quelquefois se trou- 
ve trop écrasé. On ne peut apporter 
trop de soins et de précautions à 
cette opération, puisque c'est d'elle 
que dépend en grande partie toute 
la grâce d'un livre. 

Le dos dans cet état, on colle des- 
sus et à la colle d'amidon ( * ) un 



( * ) On délaye à l'eau froide jusqu'à la consis- 
tance dHxne forte bouillie, une demi-livre d'amidon 
blanc, puis on ajoute peu-à-peu un litre d'eau bouil- 
lante en remuant constamment pour empêcher 
Famidon de se grumeler et afin <|u'il soit cuit par- 
tout. On ajoute pendant que la bouillie est eneore 
cbaude, gros comme deux œufs de colle de flandre 
déjà fondue, mais en gelée, puis on continue de rca* 
muer afin de bien incorporer la colle à l'amidon. 
Cette colle ne s'emploie qu'à froid. 



("5) 

papier gris bien uni et Ton a soin 
de le bien faire prendre sur les 
mors de manière à ce qu'il ne fasse 
qu'un même corps avec le dos. 
Lorsque les dos sont à demi-secs et 
que le papier collé dessus n'est plus 
susceptible/ d'être déchiré, on rabat 
avec un petit marteau les inégali- 
tés qui pourraient encore s'y trou- 
ver et on les unit en les frottant 
avec un plioir ; on peut ensuite 
avec les mêmes précautions , coller 
sur le dos une seconde feuille de 
même papier qu'on laisse sécher j 
ensuite on détache le paquet, on 
sort les livres d'entre les aïs , pour 
déchirer les faux onglets , nettoyer 
les mors , couper les fils qui les te- 
naient et ôter la colle qui aurait pu 
y séjourner. On encolle delà même 



( ii6 ) 
manière les livres endossés à Tan- 
glaise ; seidement pour les livres à 
dos brisé , on met peu de coUe et 
presque froide. 

ARTICLE XX. 

Gardes de couleur et de moire, 
manière de les placer. 

Cette opération n'estpas difficile , 
mais n'exige pas moins de grandes 
précautions ^ car des gardes bien 
placées donnentdu jeu et de lasou- 
plesse aux mors ^ ainsi qu'on peut 
s*en convaincre lorsqu*un livre est 
relié : on le prend en gouttière par 
les feuilles, et en laissant tomber 
les cartons ils se touchent de suite^ 
tandis que si les gardes sont mal 
placées (ce qui arrive très-souvent), 
il est presque impossible d'où vrlrles 



( 117 ) 
cartons , et les premiers et deraîej» 

cahiers s'arrachent avec le3 gardes* 
Quand les livres sont endossés et 
les mors nettoyés., on encolle à la 
colle d'amidon, environ jde 6 lignes 
de large, le côté de la garde de cou- 
leur qui doit être contxe la, garde 
blanche , ensuite on la place dans le 
mors et on Tenfonce avec un plioir 
jusqu'à ce qu'ellesoitde niveau avec 
le mors et qu'elle en prenne bien la 
forme, les deux gairdesainsiplacées, 
on achève de les coller contre la 
garde blanche; on doit mettre peu 
de coUe, on ferme les cartons poux 
appuyer contre, et Ton donne de 
suite un hou. tour de presse au vor 
htme qu'on retire à l'instant ^ pour 
détacher avec soin les cartons qui 
pourraient ^ trouver pollés ea 

z5 



( ii8 ) 
mors , on ouvre aussi la garde de 
cotdeur afin qu*elle ne. sèche pas 
dans cet état , car la couleur s*écor- 
<îlierait: cela fait, on referme les 
cartons et les gardes afin qu'elles ne 
se grippent pas en séchant trop vite. 
Quand on met les gardes en nroire 
eu eai^tbis^les mors doivent être en 
maroquin paré très -mince et de 
même couleur que celui qui doit 
couvrir le volume j si c'est du veau 
on met les mors de même : On place 
les mors enmaroquin ou veau avant 
de coller la moire et avecles mêmes 
précautions que pour les gardes dé 
couleur, on fiera sûr d'avoir un mors 
bien souple et bien caorré. ("*"). 



■■»-. ..*. 



i * ) Surtout si on a pris la précaution de col' 
1er en dedans des cartons, avant dé 'cartonner les 
livres , du papier très-mince que :d^on replie en 



(»9) 
La moîre que Ton destine aux gar- 
des doit être préalablement collée 
à la colle de poisson sur un pa- 
pier très-mince , on laisse sécher , 
puis on la coupe à la règle du côté 
du mors , ensuite on la colle contre 
les gardes blanches ( * ) de maniè- 
re à laisser voir dans le mors deux 



s 



dehors du côté du mors , ce qui le rend bien carré 
«t fait que le carton ne s^émousse pas en couvrant 
le volume. 

( * ) Les gardes de moire doivent être collées à 
la colle de poisson que Ton prépare ainsi : on con* 
casse trois fers de colle de poisson qu'on fait dissou- 
dre au bain marie , dans la quantité d'un cinquià" 
me de litre d'eau : il faut remuer souvent afin de 
faciliter la dissolution , et empêcher la gélatine de 
s'attacher au fond du vase. Cette colle s'employe 
médiocrement chaude , et il fout toujours s'en ser-« 
vir pour coller sûr du veau de couleur ou du ma- 
roquin. Pour les papiers seulement, on peutrem-» 
placer la colle de poisson par celle de flandre. 



( 120 ) 

lignes de maroquin ; la partie de 
la garde qui doit être contre le car- 
ton ne se colle que quand le volu- 
me est prêt à être doré. 

ARTICLE XXI. 

En rognant un livre il faut luî 
laisser le plus de marge possible. 
La marge de tête doit être plus lon- 
gue que celle de gouttière , et celle 
de queue doit être d'un tiers plus 
longue que la marge de tête. Pour 
rogner eh gouttière on prend mesu- 
re sur les premières et dernières 
feuilles, si Ton se fixait sur celles du 
milieu on rognerait trop j quand on 
rogne la gouttière on doit avoir des 
ais très-étroits et épais : alors avec 
les deux ais, on prend le livre par 
le devant , on laisse tomber les car- 



( 121 ) 

tons en dos en ayant bien soin que 
Tais de devant soit bien juste au 
niveau des deux traits qu'on a faits 
en tête et en queue pour rogner la 
gouttière. L'ais de derrière doit être 
plus élevé que celui de devant pour 
pouvoir rogner contre , on tient le 
tout avec la main gauche, puis avec 
la main droite on ballotte légère- 
ment le volume pour faire remonter 
les feuilles du milieu, jusqu'à ce que 
les traits tracés en tête et en queue 
forment bien le demi-cercle ; alors 
on s'assure que la gouttière n'est 
pas gauche, puis on met le volume 
en presse pour le rogner en ayant 
soin de ne pas déranger les ais 
qu'on tient aux deux extrémités 
avec l'index et le pouce de chaque 
main qui servent à guider le volu- 



( 122 ) 

me jusqu^à ce qu'il soit assez en- 
foncé pour que Tais de devant se 
trouve à fleur de la jumelle de la 
presse, alors avec la main gauche 
on maintient le livre dans cet état 
pendant qu'on serre la presse avec 
l'autre main : on rogne le volume , 
on le sort de la presse , on le prend 
par le dos , les cartons ouverts , et 
pour détacher les feuilles, on frappe 
à plat le bord de la gouttière sur 
la presse, ensuite on rabaisse» en 
laissant la châsse du devant d'un 
quart plus large que celle de tête et 
de queue. 

ARTICLE XXII. 

PRÉPARATION DES COULEURS POUR LA TRAHGHE. 

Jaune citron. 
On employé pour cette couleur 



% 



(11.3) 
de l'orpin jaune minéral ou du jau- 
ne de.crôme, ce dernier est préfé- 
rable. 

On broie très-fin deux onces de 
jaune avec une quantité suffisante 
de colle d'amidon très-claire , ou 
mieu^ avec de la gomme adragantej 
evant de broyer la couleur, on y 
ôjoute une petite quantité de savon 
râpé, ensuite on délaye le tout dans 
une suffisajate quantité d'eau acidu- 
lée par un 5o™®. d'acide nitrique. 
Cette couleur se conserve assez bien 
dans une bouteille j pour s'en servir 
il suffit de la met^e assez claire pour 
que la. première couqhe couvre k 
peine la tranche, quand elle est sè- 
che on en donne une seconde qu'on 
laisse également sécher, puis une 
troisième. Cette tranche peut rester 



( 124 ) 

unie, ou bien être jaspée de bleu 
ou de rouge, celui-ci se fait avec 
du vermillon et se prépare comme 
le jaune. 

Bleu. 
On pulvérisé le plus fin possible 
deux onces de beau bleu de prusse, 
on le délaye dans un. vase vernissé 
avec un cinquième de litre d'esprit 
de sel fumant j alors le bleu a la 
consistance de crème ," on y ajoute 
une pincée de sel ainmoniac qu'on 
y fait dissoudre, puis on laisse repo- 
ser une heure» Pour se servir de 
cette couleur , on fait dissoudre 
dans de l'eau une once de gomme 
âdragante, cette golnme se gonflant 
beaucoup, il faut la remuer souvent 
et y ajouterdereaù^ qtiandla gom- 
me est bien dissoute on la jette sur 



< 125 ) 

un tamis pour la .passer au clair, 
on prend du bleu la quantité né- 
cessaire et on rëclaîrcîf avec la 
jgomme ainsi prépàfë*é j ce bleu ne 
é'employe guères que pour jasper. 




Cette çpulçur seit^it par. le mé- 
iapgp du I^leu et 4ur j^ijnej^en jas- 
pant ces trois couleurs séparémeAt 
on obtient différentes nuances. 




Lorsqu'on est disposé à marbrer 
pour 4^0 volumeis, on fait dissou* 
dre d'avance dans^un; vase propre, 
troiâ onces de gomme adragante 
dans un demi^seau d'eau ^ et on a 
soin de remuer deux à trois fois par 
jourpendantl'espacede cinq jours. 

16 



( ^^6 ) 

Préparation dujîel de bœiif. 
On bat un fiel de bœuf dans par- 

• « 1**1 »• 

lie égale d'eaji, on ajoute à ce mé- 
lange du çampKre gros comme une 
noisette , qu'on a fait dissoudre pré- 
alablement dan^ vingt -cinq gram- 
mes d^ésprit de vin ^ on bat lé tout 
ensemUe, et où'ie jpasse au filtre de 
papier. 

Préparation de la cire a broyer 
les couleurs à marbrer. 

On fait fbndrè de là- cire jaune 
dans un vase vernissé} la cire. étant 
fondue , on la retire dtt feu , etpn j 
incorpore en remuant une suffi- 
sante quantité d'essence de t^ré-p 
benthine pour tenir la ;cire en 
consistance.de miel : pour s'ateuîer 
de son épaisseur, on éii fait refroidir 



/ 



( 127 ) 
une goutte sur l'ongle^ si elle est 
trop épaisse on ajoute de T essence • 
Le fiel et la cire ne se préparent 
que le jour où Ton veut marbrer, 
ou tout au plus la veille, car l'un et 
l'autre se gâtent. 

Choix des couleurs. 

Le jaune de Naples doit être 
choisi d'un grain très -fin et très- 
doux en l'écrasant entre les doigts; 
le jaune doré se fait avec la terre 
d'Italie naturelle \ les divers bleus se 
font avec l'indigo flore j pour le rou- 
ge , on se sert de laque carminée en 
grains } pour le brun , on prend la 
terre d'ombre j pour le noir, on se 
§ert de jioir d'ivoire j le blanc ne se 
fait qu'avec le fiel. La plus belle 
tranche et qui peut se varier à l'in- 



(ia8) 
fini y se fait avec Tindigo flore , la 
terre d'Italie et la la^ne carminée. 
Pour marbrer snr tranche , on doit 
prendre les ocres et les couleurs 
tirées des végétaux , il ne faut Ja- 
mais employer à cet usage les cou- 
leurs tirées des minéraux, 

TréparatioTi des couleurs à 

marbrer. 

Toutes les couleurs se broyent le 
plus fin possible sur un marbre, 
avec de la cire, de Peau et une 
goutte d'esprit de vin; les cotiléxu'S 
doivent être broyées à l'épaisseur 
d'une fierté bouillie , de manière à 
ce (Qu'elles tiennent sur le couteau 
à broyer j toutes lès couleurs broyées 

• 

se mettent séparément dans des pots. 



( 129 ) 

Marbrure. 

Quand on est prêt à marbrer , on 
dispose la gomme en y ajoutant 
gros comme une noisette d'alun de 
roche pulvérisé , on Téclaircit avec 
de l'eau, on la bat bien, ensuite 
on là passe au tamis, puis on la met 
au baquet. 

Four s'âssurér de la force de la 
gomme , on prend un peu de cou- 
leur, on l'éclaircit avec du fiel de 
tœuf préparé , et on en jette une 
goutte sur la gomine, si elle s'étend 
bien et qu'eu la tournant avec lé 
doigt elle forme bien la volute sans 
se brouiller , la gomme est assez for- 
te; si la couleur iie tourne pas, la 
gomme est trop forte j il faut alors 
réclaircir avec de' l'eau, la battre d^ 



( i3o ) 
nouveau et la passer au tamis. Dans 
le cas où la couleur s'étendrait trop 
et qu'elle se brouillerait, il faut 
renforcer la gomme avec celle qu*on 
aura conservée à cet effet. 

La gomme étant bien préparée, 
on colle toutes les couleurs au fiel 
de bœuf préparé, de manière à ce 
qu'elles ne soient pas trop liquides, 
plus il y a de fiel, plus elles s'éten- 
dent sur l'eau : par exemple le rou- 
ge qu'on jette presque toujours le 
premier sera moins collé que les 
autres, et la couleur qui se jette 
dessus un peu plus , è t ainsi de suite . 
Toutes les fois qu'on jaspe une cou- 
leur sur une autre , la première est 
repoussée par la dernière , et celle- 
ci tiendra toujours le plus d'espace; 
plus le nombre des couleurs sera 



graiid, plus* la ^ première jeté^ Sera 
resserrée et brillante j quand on a 
jaspé sûr la gonxme qui est danâ Iç 
baquet toutes les couleurs dont oïi 
^eut faire un marbre , on prend d^ 
six :à Bruit, volumes, on les serre 
^ntre les deux niains, puis on les 
plonge dans le baquet, d'abord la 
gouttière , puis un côté , ensuite 
l'autre* 

' Four faire le rriarbre :ϔl de per- 
drix, on jaspe i^. la lacqiie, 2^#Jl^ 
terre d'Italie, 3®. Pindîgo flore ;r4^ 
l'indigo flore j pet indigo est le mê- 
me que le précédent, seulement on 
à eu soin d'en mettre dans un pot 
réparé , afin de le coller au fiel plufe 
que l'autre j avant de le jasper on 
y ajoute deux gouttes d'essence de 
térébenthine qu'on remue ^blen. 



( i3a ) 
puis on jaspe. C'est ce bleu qui reflk 
serre toutets les autres couleurs eH 
ikit ce bleu clair pointillé ; Pessence 
de térébenthine a seule la proprié- 
té de produire cet efifet, on peut 
en incorporer également dans Itour 
<tes les autres couleurs qu'cm vou- 
drait jeter les dernières , autrement 
4'essence, serait sans effet ( "*" ). 

On peut varier à l'infini les mar- 
bres sur tranches y cela dépend .du 
rang qu'on donné aux CQuieuf s en 



» v » k . 



^* ) La, réussite en marhrant dépend du 8QÎn 
que Ton met a broyer les couleurs , et de^-pinceaul^ 
•îlont on se'sert. On ksjEaitjaTec «nriron one centai* 
;^e4ebiinsdesoied& ftofc, on doit la 4;hoisir la 
plus longue possible : pour faire Içs mai^clies des 
pinceaux , on prend des osiers de onze ponces de 
long, et enTxron deux lignes .de ^diamètre : on lie 
les soies à rextrémité la plus mince du mauclie . et 
on a soin que les soies ne se touchent pas , afin qnt 
rela ressemble plutôt a un balai qu'à un pinceaa. 



( i33 ) 

les jaspant et de la plus ou moins 
grande quantité de nuances. 

Toutes les tranches étant bien 
sèches^ on doit les brunir à Tagate. 

ARTICLE XXIII. 

DORURS SUR TRANCHES. 

Tranche unie. 

La dorure sur tranches demande 
de grands soins et une extrême 
propreté; pour dorer on commen- 
ce par la gouttière, puis la tête et 
ensuite la queue j la première opé- 
ration se fait en rognant le volume, 
ayant de le sortir de la presse on 
donne à la tranche avec un pin- 
ceau une bonne couche de décoc- 
tion de safran ("*"): cette couleur se 

( * } On fait houiUir ^ans la quantité d^un 

17 



( ï34 ) 
met sur chacun des côtés du livre à 
mesure qu'on le rogne et ayant de 
desserrer la presse , afin que la cou- 
leur ne pénétre pas trop ayant, 
ce qui pourrait tacher les marges 
du liyre. Quand la tranche est bien 
sèche 9 on la serre entre deux ais 
étroits dans la presse à endosser, en 
ayant soin que la gouttière penche 
un peu du côté de la queue et les 
bouts du côté du dosj cette pré- 
caution est nécessaire afin que la 
composition qu'on met sur la tran- 
che ait son écoulement dans un sens 
à ne pouvoir rien gâter j la tranche 

verre d^eau , une bonne pincée de safran gatinois; 
quand il a bouilli quatre à cinq t ours , on retire du 
feu , puis on y ajoute gros comme une noisette, 
d'alun de roche pulvérisé , et de la crème de tartre 
gros comme un pois : cette décoction s'employe . 
médiocrement chaude. 



( i35 ) 
étant dans cet état, on la gratte ( * ) 
pour la dresser et l'unir parfaite- 
ment de manière à ce qu'on n'ap- 
perçoive aucune inégalité ( ** ). 

La tranche étant ainsi grattée, on 
la brunit parfaitement à Tagate, 
puis on lui donne successivement 
trois ou quatre couches de jus d'oi- 
gnons( "*"** ) qu'on frotte de suite for- 



( '^ ) Le grattoir dont on se sert est une lame 
dVcier d'un quart de ligne d'épaisseur , d'un pouce 
de large et de trois à quatre pouces de long ; il doit 
avoir une de ses extrémités ronde et l'autre carrée : 
pour que ce grattoir coupe bien il faut le repasser 
très-vif aux deux extrémités , afin de pouvoir lui 
retourner le fil avec une pointe d'acier. 

( ** ) Lorsque la tranche est grattée , il faut soi- 
gneusement éviter de la toucher avec les doigts, ce 
qui la graisserait et empêcherait l'or de tenir. 

( *.** ) On pile dans un vase plusieurs oignons 
blancs , et pour en exprimer le jus on les tord en* 
suite dans un linge de grosse toile. 



(i36) 
tement et jusqu'à sîccité avec une 
poignée de rognures bien douœs , 
on reconnaît qu'elle est assez frottée 
quand elle fait bien glace partout 
et qu'elle est d'un beau brillant , 
c'est alors que la tranche est prête 
à recevoir la mixtion ( * ) pour 
faire attacher l'or. Cette mixtion 
se pose avec un blaireau plat de 
poils de rat ou en cheveux, on 
donne d'abord une première cou- 

(*) Mixtion. On bat un blanc d^œuf dans deux 
fois son volume d^eau où Ton a mis préalablement 
sept à buit gouttes d^esprit de vin ; il faut que ce 
mélange soit battu avec une fourebette de bois , 
jusqu'à consistance d'œufs à la neige : on le laisse 
reposer , puis on passe au travers d'un linge très- 
fin la liqueur qui s'est précipitée au fond du vase. 

Cette mixtion peut se garder quelques jours, 
niais il faut la passer au travers d'un linge cbaqup 
fois qu'on veut s'en servir. 



(^37) . 
che qu'on laisse sécher, puis on la 
frotte légèrement avec des rognu- 
res douces, ensuite on souffle sur la 
tranche afin qu'il n'y reste aucune 
ordure } après cela on donne une 
seconde couche de manière à ce que 
la mixtion couvre toute la surface 
de la tranche et fasse glace partout, 
puis on pose à l'instant l'or avec 
une bande de papier ou de carton. 
Il faut surtout en posant la mix- 
tion éviter de passer plusieurs fois 
le pinceau sur la même place , cela 
ferait faire des bulles et l'or ne s'at- 
tacherait pas dans ces endroits : la 
tranche dans cet état doit sécher 
environ cinq à six heures pour être 
brunie à l'agate ; on connaît que 
la tranche est assez sèche quand 
l'or a pris une teinte uniforme et 



( 138 ) 
qu'D brille partout également j alors 
on pose à nud et sur toute la sur- 
face de la tranche le gras de Tavant- 
bras pour amortir l'or , afin que le 
brunissoir glisse plus facilement. 
Pour brunir , il faut passer Tagate 
en travers de la tranche , appuyer 
très-légèrement et suivre bien éga- 
lement afin de ne pas nuancer ni 
écorcher Tor j quand l'agate a par- 
couru ainsi toute la surface, on 
passe très-légèrement sur la tranche 
un linge très-fin et légèrement en- 
duit de cire vierge, après on re- 
commence à brunir en travers et 
d'un bout à l'autre en appuyant un 
peu plus fort, et ainsi de suite plu- 
sieurs fois jusqu'à ce que la tran- 
che soit bien claire et qu'on n'ap- 
pçrçoive aucune onde faite par l'a- 



( i39 ) 
gâte , ensuite on retire le livre de 
la presse pour en faire autant en 
tête et en queue. 

Dorure sur tranches antiquées. 

Cette dorure est la même que la 
précédente. Quand la dorure est 
brunie, avant que de sortir de 
presse le volume , on donne leste- 
ment une couche de mixtion, en 
évitant de passer deux fois sur le 
même endroit, ce qui détacherait 
l'or : on laisse sécher puis on passe 
sur la dorure un linge fin légère- 
ment imbibé d'huile d'olive pour 
pouvoir appliquer de l'or d'une 
autre couleur que celui qui a servi à 
faire la dorure du fond, puis on 
pousse à chaud des fers qui repré- 
sentent divers sujets. 



( Ho ) 

Dorure sur tranches damassées. 

On suit pour cette dorure les 
mêmes procédés que pour la pre- 
mière, seulement on ne la brunit 
pasj la tranche étant dorée , on la 
marbre au baquet à deux couleurs 
seulement, i*^. On jette du bleu 
beaucoup plus collé au fiel que 
pour les tranches ordinaires j 2^. 
le même bleu, mais encore plus col- 
lé et dans lequel on a mis une gout- 
te d^essence de térébenthine. Ces 
deux couleurs doivent être imper- 
ceptibles sur Torj quand les trois 
côtés de la tranche sont marbrés, 
on laisse sécher et Ton brunit en y 
apportant les mêmes précautions 
que pour la tranche dorée unie. 



( Ml ) 

Dorure sur tranches à paysages 
transparens. 

Quand le livre est rogné , sans 
avoir mis de safran, on gratte par- 
faitement la tranche, on donne plu- 
sieurs couches de jus d'oignons 
qu'on laisse sécher et l'on frotte 
avec des rognures douces , on reti- 
re le livre de la presse , puis on le 
lie fortement entre deux planches 
de même grandeur que le volume 
et de manière à ce que la tranche 
soit à découvert du côté de la gout- 
tière } alors on dessine à la mine de 
plomb sur la tranche un sujet 
quelconque, on le peint ensuite 
avec des couleurs liquides ( * ) afin 
qu'il n'y ait pas d'épaisseur. 

{ * ) Les encres de couleur, excepté la gomrae- 
gutte , sont bonnes pour ce genre. 

18 



\ 
\ 



(,40 

Comme la peinture est recouver- 
te par la dorure on ne Tapperçoît 
qu'en courbant les feuillets , aussi 
doit-on avoir soin de dessiner les 
objets un peu courts afin qu'ils aient 
toute leur extension par la courbure 
de la tranche ; lorsque les sujets 
sont peints, on détache le volume 
et on le laisse sécher pour le remettre 
en presse entre deux ais afin de 
pouvoir le dorer : quand la tranche 
0st bien serrée on la brunit, puis on 
donne la couche de mixtion , et on 
prend pour le reste les précautions 
indiquées pour la première dorure. 

ARTICLE XXIV. 

Mettre les Signets. 

En mettant les signets , on doit 
avoir soin de ne pas trop ouvrir le 



(143) 

livre, on laisse passer en tête le 
bout du signet environ de six li- 
gnes afin de le coller sur le dos , on 
remploie l'autre bout dans le livre 
pour qu'il ne se souille pas et on 
enveloppe la tranche avec une feuil- 
le de papier pour la garantir quand 
on couvre le volume j il est bon de 
prendre cette précaution pour tou- 
tes les tranches et de les brunir 
avant de couvrir. 

ARTICLE XXV. 

t 

Faire les Mors^ 

On coupe les coins des cartons 
en dedans^ en tête et en queue : pour 
bien faire les mors il faut s'y pren- 
dre à deux fois: i°. avec le couteau 
à parer on coupe l'angle du carton 
de là longueur de la chasse; '2P. on 



(M4) 

donne un second coup pour enle- 
Ter un demi-quart de ligne dans le 
mors et de la longueur du yeau que 
Von remploie. 

ARTICLE XXVI. 

De la Trojichefile. 

La tranchefiïe ne donne aucune 
solidité au livre j elle ne sert qu'à 
mettre le dos de niveau au carton 
qui fait chasse aux deux extrémités 
du volume, autrement rien ne sou- 
tiendrait le veau ou maroquin dont 
on se sert pour couvrir, et ils fe- 
raient un mauvais efîet : c'est pour- 
quoi on tranchefiïe, et comme ce 
travail se voit, il Êiut le faire propre- 
ment et le soigner à proportion du 
luxe de la reliure. 

Pour des ^reliures simples on se 



( U5) 
sert de filoselle de deux couleurs ^ 

et pour les reliures soignées on prend 
de la soie et quelquefois des fils 
d'or et d'argent j on tranfchefile sur 
ydes noyaux de carton ou de par- 
chemin , plusieurs ouvriers font des 
tranchef iles doubles sur des noyaux 
ronds, les doubles ne sont pas plus 
difficiles à faire que les simples : je 
conseille ces dernières sur des no- 
yaux plats, elles sont plus solides et 
font un meilleur effet. 

On prend une feuille de carton 
plus ou moins épaisse suivant la 
grandeur des livres qu'on veut tran- 
chefiler, on colle à la colle d'a- 
midon, des deux côtés de ce carton, 
du parchemin très-mince, on le 
laisse sécher, puis on coupe des ban- 
des assez étroites pour faire la liau- 



( i46) 

tenr de la chasse des cartons , alors 
on prend deux aiguillées de filo- 
selle ou de soie, on les enfile dans 
deux aiguilles ordinaires^ et Ton 
feit auprès de la tête un petit nœud 
à. boucle pour empêcher qu'elles ne 
puissent sortir des aiguilles ; on atta- 
che ensemble les deux autres bouts 
des soies, on baisse les chasses du 
livre, on le met en bout dans la 
presse à tranchefiler de manière à 
ce qu'il ne soit serré que par la 
gouttière : alors on pique une des 
aiguilles entre les cinq à six pre- 
mières feuilles de la gauche, près 
du carton etpar-dessus là chaînette, 
on fait sortir l'aiguille par le dos 
du livre et on la tire jusqu'à ce que 
le nœud qui tient les deux soies en- 
semble se cache en dedans des ca-^ 



( Mz ) 

Kiers du volume et serve à faire 
le premier arrêt : alors on ramène 
le fil de soie par-dessus la tête en 
dos , pour piquer une seconde fois 
l'aiguille entre les feuilles à peu près 
au même endroit où l'on a déjà pi- 
qué^ faisant sortir l'aiguille par le 
dos, mais on ne la tire pas tout à fait 
afin de laisser une petite boucle 
sous laquelle on passe la tranche- 
file en carton , on serre la soie de la 
main gauche ( * ) , et la tranchefile 
est assujettie j avant de la mettre en 
place on la courbe entre les doigts 
pour lui faire prendre la rondeur 
du dos du livre, on prend de lor 
main droite la soie rouge qui pend 

( * ) Pour me faire mieux comprendre, je sup- 
pose que j^ai pris de la soie blanche et rouge et qu« 
j^ai pique Taiguille de soie blanche la première. 



( M8 ) 

à la gauche du volume et sur le car- 
ton , on la fait passer de la gauche 
à la droite, en croisant par-dessus la 
soie blanche , on la passe entre les 
feuilles du livre et la tranchefîle en 
carton pour l'entourer, passant par- 
dessus la tranchefîle on amène lasoie 
vers le côté droit du carton , et l'on 
serre de manière que le croisement 
des deux soies touche la tranche ; 
il faut pour la soie blanche répéter 
la même opération que pour la 
soie rouge: ainsi de la main droite 
on prend la soie blanche qui pend 
à là gauche sur le carton, on la fait 
passer en croisant sur la soie rouge, 
puis on la passe sous la tranchefîle , 
entre les feuilles et la tranchefîle on 
amène la soie vers le côté droit du 
carton, prenant ainsi alternative- 



(M9) 
mentrune et Tautre soies et les croi- 
sant toujours de la gauche à la droi- 
te , en passant sur la tranchefile on 
finit par arriver au côté droit du 
iivrej maisavant d'en être là, quand 
on a fait un certain nombre de 
points croisés, il faut faire une pas- 
se en pi(juant l'aiguille entre les 
feuilles, une fois seulement, ces 
passes donnent du soutien à la tran- 
chefile et lui font prendre plus ex- 
actement la courbure du dos. On 
en fait plus ou moins suivant l'é- 
paisseur du livre, ordinairement 
pour un in-octavo on fait huit 
points de passe ; quand on est arri- 
vé au côté droit du volume, on fait 
une dernière passe en piquant deux 
fois l'aiguille comme on a fait en 
commençant, ensuite on fait un 

19 



(i5o) 
noeud pour arrêter la soie que Von 
coupe ainsi que les bouts de la tran* 
chefil^ en carton qui débordent le 
niveau des mors. 

Lorsque les deux bouts du livre 
sont tranchefUés on le met en pres*- 
se entre deux ais absoltunent com^ 
me pour l'endosser , on serre for- 
tement , puis avec un petit marteau 
on écrase les fils de soie qui sont 
sur le dos ainsi que les bosses qui 
pourraient s'y trouver, on arrondit 
bien les tranchefiles en suivant la 
courbure du dos du livre, puis on 
donne d'un bout à l'autre et y 
compris les tranchefiles , une bonne 
couche de colle de Ûandre un peu 
chaude, en ayant soin cependant 
que la colle ne passe pas entre la 
tranchefile et le bout du dos, ce qui 



( i5i ) 
ternirait la trajEiche et le dedans 
de la trauchefîle qui doit être tenu 
bien propre. 

Lorsque la coUe de ilandre est 
sèche y on colle sur le dos du livre 
uxie bande^ de bon papier gris y de 
manière qu'elle empoigne les deux 
tranchefiles et ^ans dépasser les 
mors : pour la solidité du dos on 
peut coUer deux bandes Tune sur 
l'autre en laissant sécher la première 
avant de coller la seconde : le tout 
étant sec^ on ôte le livre de presse 
et Ton dégage les cartons qui se 
trouvent tenus par la colle qui a 
glissé entre les mors. 

ARTICLE XXVIL 

Battre les cartons. 
Lorsque la tranche est envelop- 



( i50 
pée, on bat les cartons pour les éga- 
liser sur répaissenr, les raffermir 
et en redresser les bords. 

Quand les cartons sont battus^ pour 
donner de la force aux coins , on les 
trempe le plus large possible dans 
de la colle de flandre un peu claire 
et bouillante, on les laisse sécher , 
puis on les bat de nouveau parce 
que la colle a fait gonfler le car- 
ton; on doit éviter de fi-apper trop 
fort sur les coins, ces parties étant 
susceptibles de s'amincir plus que 
le milieu et de se couper très-facir- 
lement par le marteau. 

ARTICLE XXVin. 
Mettre des coins de parchemin. 

Ne pouvant donner trop de soli- 
dité aux coins des cartons d^un 



( 153 ) 
livre, lorsqu'ils ont été encollés et 
battus, on les renforce avec du 
parchemin que l'on colle à la colle 
d'amidonj pour une demi-reliure 
d'un in - octavo par exemple , on 
prend une bande de parchemin de 
vingt-quatre lignes de large sur 
quarante-huit lignes de long , on 
l'encolle entièrement du côté de la 
fleur ( '•' ), puis on plie cette bande 
en deux, colle contre colle, et on 
la laisse environ dix minutes , afin 
que le parchemin se pénètre par- 

( * ) On doit toujours encoller le parchemin 
du côté de la fleur , autrement il se collerait mal 
et ne tiendrait pas ; c^est le contraire pour les ma-* 
roquins, basanes, peaux yelins et veaux qu^il faut 
encoller du côté de la chair ] la fleur étant le plu^ 
l>eau côté et le seul susceptible de recevoir les cou- 
leurs et d'être poli. On appelle fleur du veau ou 
de toute autre peau, le côté où était le poil avant 
que la peau ne fut tannée. 



( x54 ) 
faitement, ensuite on déplie la 
bande de parchemin et avec le 
pinceau on étend la colle qui y est 
restée en tas ^ on replie la bande en 
deux f puis avec des ciseaux on cou- 
pe le pli sans séparer les morceaux) 
ensuite on coupe ce carré d'angle 
en angle afin d'en former deux 
coins de mouchoir qu'on sépare 
pour les coller : par ce moyen on a 
de suite pour les quatre coins du 
volume : c'est la meilleure manière 
de mettre les coins de parchemin } 
lorsqu'on les met en bandé droite, 
les cartons se rompent plus facile- 
ment. Pour une reliure couverte 
entièrement de veau ou de maro- 
quin, on ne prend que du parche- 
min de quinze lignes de large: 
quand les coins de parchemin sont 



( «55 ) 
bien secs on les pare sur les bords 
avec le couteau à parer, afin qu'on 
ne seute pas d'épaisseur sur le car- 
ton, cette épaisseur marquerait 
toujours sur le yeau ou toute autre 
couverture. 

ARTICLE XXIX. 

JDe la Couverture. 

Les opérations précédentes ter- 
minées, on peut couvrir le livre 
soit en papier, parchemin, basane, 
veau, maroquin, chamois, vélin, 
velours., moire , satin , etc. Four les 
reliures de luxe, les Parisiens pro- 
diguent la moire , le satin et le vé- 
lin : je préfère tout simplement le 
veau et le maroquin ; avec cela un 
habile relieur peut imir Télégance 
à la solidité, et donner à un livre 



( i56 ) 
précieux tout l'éclat dont il est 
digne. 
Préparation à faire à la basane 

ou veau qu^on voudraitraciner ^ 

marbrer j ou mettre en couleur 

unie. 

On fait tremper le veau dans de 
Teau bien claire, Tespace de dix mi- 
nutes environ, on le retire de Teau 
et on le plie en deux, fleur contre 
fleur, pour l'empêcher de se ta- 
cher et de se salir j dans cet état 
on tord le veau pour en faire sortir 
Teau , ensuite on le détord et on le 
secoue bien, puis on Tétend sur une 
table très-propre, en ayant soin 
que la fleur soit en dessus , et que 
par conséquent la chair touche la 
table j on tire bien le veau tout au- 
tour pour l'étendre et en effacer 



( 1^7 ) 
les plis, alors on peut le couper en 
morceaux selon les livres qu'on 
veut couvrir : on pare les bords as- 
sez minces et sans inégalités, afii» 
que le livre étant couvert, on n'ap- 
perçoive pas de bosses sur le champ 
des cartons, le veau étant ainsi 
préparé , on Tencolle à la colle d'a- 
midon, puis ensuite on l'applique 
6ur le volume. 

En couvrant on doit observer de 
mettre les chasses très-égales , de 
bien faire coller le veau dans les 
mors, de ne pas lui laisser faire de 
rides ni de fronces sur le dos ni 
eux les cartons, de bien coiffer la 
tranchefile de manière à ce que la 
coiffe soit bien au niveau des car- 
tons, veiller soignei^ement à ce 
que les coins soient bien fermés et 

20 



( 158 ) 
qtie Tangle soit vif et carré j îl 
faut passer plusieurs fois en mors. 
Le volume étant couvert on doit 
le mettre dans un endroit chaud 
ou à l'air, afin qu'il sèche promp- 
tement; mais îl ne faut pas l'appro- 
cher du feu, car cela ferait cam- 
brer les cartons en dehors et ôteraît 
à la reliure toute sa solidité , l'hu- 
midité que donnerait la colle d'a- 
midon qui a servi à couvrir et la cha- 
leur du feu feraient fondre la colle 
de flandre qu'on a employée à l'en- 
dossure j outre cet inconvénient, le 
veau en séchant trop vite se retira 
dans les mors et empêche de fermer 
le livre. Quelque soit le genre de 
couverture , on doit y apporter les 
mêmes soins, la reliure sans cela 
serait imparfaite. 



( i59 ) 
Le maroquin n'a besoin d'autre 
préparation avant d'être collé que 
d'être coupé de grandeur pour le 
Uvre qu'on veut couvrir, paré 
ensuite avec précaution et encollé 
à la colle d'amidon très-épaisse afin 
qu'elle ne pénètre pas trop avant ^ 
ce qui tacherait : du reste en cou- 
vrant on prend les mêmes précau-. 
tions. que pour le veau et la basane. 

Préparation du veau ( * ) qt^on 
destine à être mis en fauve. 



.j 



On choisit le veau le plus blanc 
possible et sans défaut , surtout sans . 
efïleurure : on le dégorge dans cinq 
à six eaux claires, on le tord à cha- 



'«i 



( * ) On ne doit employer pour la reliure que du 
veau en croûte très-mince ^ très-blanc , très-doux 
•t Aouple à la main. - ' 



(1^6) 
^tie fois pour le bien pui^r de sa 
malpropreté, énsniteon feit fondre 
à chaud dans unseau d'èau, une livre 
et demie d'alun de roche concassé; 
quand l^alun est fondu*, on laisse 
refroidir Teâu de manière à pou- 
voir y tenir la iliain , alors on y fait 
trémpfer te véaHiqu^on a préàlablô- 
iiient coupé de grandeur} il doit 
reétei- dans c^ttè eau environ une 
depii-heure,. on le retire, on le tord, 
puis .on rétj??id sur la table avec un 
plioir afin d'en faire sortir l'eau, 
ùTi le cbupfe de îioùVeau s'il se trou- 
ve trop grand', ce qui arrive sou- 
'^ebt surtout: aux 'quàtté ccfinsqui 
s'albh^éiit toujolirs un péù, on pare 
lès bords du veàû et on met les 
morceaux .^eûx; à deux, fleur contre 
fleur, ou mieux, si l'on n'en a qu'un 



(i6t) 
morceau^ on le plie en deux, tou- 
jours fleur contre fleur, et Ton met 
entre une couche d'alun de roche 
•pulvérisé, on le laisse environ une 
heure dans cet état, puis on Pen- 
coUe du côté de la chair et l'on 
couvre avec célérité afin de tenir le 
veau le moins possible ( * ). 

Ce veau doit sécher plus vite 
que l'autre : quand il est à demi- 
sec , on repasse en mors, on arran- 
ge la coiffe et on ouvre les cartons 
pour donner du jeu, on les refer- 
me pour finir de sécher. 

C * ) Quand on couvre en moire , satin , vélin , ou 
▼eau fauve, on doit placer sur la table o\i Ton couvre 
un linge blaâc , poser le livre dessus et avoir uu 
tablier blanc ; les anneaux des ciseaux dont on se 
sert doivent être entoures d^une bande de toile afin 
qa'èa. les' prenant aVéc les niains htfmidës , Tacide 
ferrugineux ne reste pas après les doigtas, ce qui 
tacberait le veau eu maniant le volume. 



N 



( i52 ) 
Le velîn et la moire n'ont d'au- 
tre préparation que d'être tenus 
bien proprement : on couvre d'a- 
bord le volume avec du papier vé- 
lin blanc, fort et bien collé, ensui- 
te quand il est sec on colle dessus la 
moire ou le vélin avec de la colle 
d'amidon dans laquelle on a rem- 
placé la colle de flandre par de la 
gomme arabique? il Faut encoller 
* la moire avec soin , autrement on 
la tacherait : les précautions de 
propreté senties mêmes que pour 
le veau fauve. La moire ne se passe 
pas en mors , mais pour qu'elle se 
colle bien, 'quand le volume est 
couvert, on l'enveloppe d'un linge 
blanc et on le lie entre deux ais 
bien propres, lorsque la moire est 
à demi-sèche on délie les ais, on 



(163) 
en sort le livre , puis on le laisse sé- 
cher entièrement. 

ARTICLE XXX. 

Lorsque le livre est couvert, on 
Tembeliit par des racines , marbres 
ou porphyres de diverses couleurs. 

fEEPABATlON DES COULEURS QU'oN EMPLOIE 
SUR VEAU OU BASANE. 

Noir. 

On fait bouillir dans une mar- 
mite de fonte , deux litres et quart 
de vinaigre rouge ou blanc, avec 
une poignée de vieux clous et 
gros comme deux nçix de sulfate 
de fer ( ou vitriol vert ) j on fait 
réduire aux deux tiers, en ayant 
soin de bien faire écumer j on con- 
serve ce noir dans la marmite en la 



(i64) 

tenant bouchée , il prend de la qua- 
lité en vieillissant, et pour le renou- 
veller il suiïït d'y mettre du vinai- 
gre et de le faire bouillir et écumer: 
ce noir s'emploie à froid. 

Rouge ( * ). 

Ob fait bouillir une demi-lîyre 
de bois de brésil dans deux litres 
et quart d'eau, on y ajoute un 
quart d'once de noix de galle blan- 
che concassée, lorsque le tout est 
réduit aux deux tiers, on y ajoute 
une once d'alun de roche pulvérisé 
et une demi-once de sel ammoniac 
également pulvérisé, on laisse jeter 
un bouillon^ on retire du feu, et 
l'on passe la couleur au tamis, on 



( * ) Tous les rouges çlgivent se faire dans un 
fiLaudron étamé. 



/ 

% 



( ï65 ) 

fe remet sur le feu pour remployer 
bouillante. 

Rouge fin. 

On fait bouillir à grand feu et 
jusqu'à réduction de moitié : 

4 Litres et demi d'eau de rivière; 
1 Livre de bois de brésil Fernam- 

bouo } 

1 Demî-once de noix de gaUe 
blanche concassée. 

On tire au clair, on remet sur le 
feu , puis on y ajoute : 

5 Onces d'alun de roche pulvérisé; 
1 Once de sel ^pipipniac. 

On laisse jeter un. bouillon pour 
dissoudre les sels. 

On ajoute à ce bain et suivant 
la nuance qu'on désire, de la dis- 
aï 



ii66) 
solution d'étain ('•'): on emploie 
cette couleur presque bouillante. 

Rouge écarlate. 

On met dans un litre et trois 
quarts d'eau bouillante, une once 
de noix de galle blanche bien pul- 
vérisée et tamisée j 

1 Once de cochenille pulvérisée. 

On fait jeter un bouillon^ puis 
on y ajoute une demi-once de dis- 



( '^ } Composition pour obtenir par la cochenille 
des rouges écarlate et cramoisi Jin, 

1 Livre d'esprit de nitre ( acide nitreux ) j 

a Onces de sel ammoniac ; 

6 Opcei d'étain fin d'Angleterre^ en copeaux ou 
grenaille. 

Ou met Fëtain et le sel dans un pot de grès , 
on y verse la onces d^eau, on ajoute Tesprit et on 
laisse opérer la dissolution : cette composition peut 
se conserver quelques mois. 



I 



( 1*^7 ) 
solution d'étain, ( Voyez la note 

de la page 166, ) 

Cette couleur s'emploie chaude. 

Couleur orangée^ 
On fait une bonne lessive avec 
des cendres 9 on tire au clair ^ et 
dans trois litres de cette lessive on 
fait bouillir une demi-livre de bois 
de fustet jusqu'à réduction de moi' 
tië, et Ton ajoute une once de bon 
roucouy dit riaucourt^ broyé aveo 
la lessive susdite; on laisse jeter 
deux à trois bouillons, puis onajou- 
te un quart d'once d'alun de roche 
pulvérisé , on tîre au clair et on 
emploie cette couleur à chaud. 

Jaune ( ''' ). 

On fait bouillir dans trois litres 

•" ' ■ I ' . ..,,11111.1 II ■ . I - 

( * ) Cette couleur s^emploie aussi à froid 8U( 



( 168 ) 
d'eau une demi-livre de gaiides ( la 
graine est préférable à là feuille ), 
on laissé réduii^ à moitié| on tire au 
clair y puî$ on ajoute deux onces 
d'alun de roche pulvérisé et une 
once de crème de tartre , on reâiet 
le tout sûr le feu pour faire ^etet 
deux à trois bouillonis : cette cou- 
leur s'emploie à chaud. 

Violet. 

On fait bouillir à grand feu dans 
quatre litres d'eau , une demi-livre 
de bois d'inde et une once de bois 
de brésil, on laisse réduire à moi- 
tié, on tire au clair, puis on remet 
le liquide sur le feu en y aioutant 
une once alun de Rome concassé 

le papier et la tranche dis livres, en la golhmant 
Ôvec de la gôinnïe arabique dii del^midon» 



( »«9) 
et deux gtammes tàftt^ de Mont- 
pellier , on fait jeter un bouillon et 
Ton emploie cette coideur à chaud. 

Bleu* 

On pulvérisé une once d'indigo 
flore qu'on met dans un vase de 
Verre , et Ton verse peu à peu sur 
cet indigo quatre onces d'acide sul- 
J)1iurique concentré j on remue ce 
taelange pendarît quelque temps, 
puis on le laisse reposer vingt-qua- 
tre heures , on y ajoute alors une 
lonce de bonne potasse sèche et ré- 
duite en poudre finej on remue 
bienle tout, on laisse encore reposer 
vingt-quatre heures , après cela on 
y ajoute peu à peu une plus ou 
moins grande quantité d'eau, on le 
met en bouteille au bout de vingt- 



( 17^ ) 
quatre heures pour s'en servir au 

besoin et avec modération. Pour se 
servir de ce bleu , il faut Tétendre 
d'eau plus ou moins selon la nuan- 
ce qu'on désire. Cette couleur mê- 
lée avec le jaune ci-dessus fait le 
vert. 

Quand on emploie ce Ueu il ne 
faut prendre que la quantité né- 
cessaire, et s'il en reste il faut le 
tenir à part et ne pas le remettre 
dans la bouteille, car il gâterait en- 
tièrement celui qui y serait resté. 

On n'emploie cette couleur qu'a- 
vec des pinceaux de soie de porc ou 
de sanglier, ou avec une plume. 

Eau-forte. 

L'eau-forte qu'on emploie dans 
les marbres doit être mitigée avec 
moitié de son volume d'eau. 



( 17^ ) 
Fotasse. 

On faît dissoudre à froid dans un 
litre et quart d'eau une demi-livre 
de potasse, que Ton peut au besoin 
conserver dans une bouteille. 

Eau à raciner. 

On met dans un vase deux litres 
d'eau claire et deux à trois gouttes 
de la potasse susdite. 

Brou de noix. 

Vers la fin d'août on ramasse du 
brou de noix ( écale verte qui en- 
veloppe la noix ) > on pile ce brou 
dans un mortier pour en exprimer 
le jus , du tout on remplit im grand 
Vase à pouvoir contenir quatre 
seaux d'eau, on verse sur ce brou 
"un peu d'eau salée, on remue bien 



i 

i 



( ^72 ) 
pour faire macérer, puis on bouche 

hermétiquement j un mois aprèç on 
passe dans un tamis pour bien ex- 
primer le jus qu'on met ensuite en 
bouteille en y ajoutant un peu de 
sel marin. Pour se servir de ce li- 
quide il faut qu'il soit dans un état 
de fermentation presque putride : 
bien préparée, on obtient par cette 
couleur les plus beaux bruns pos- 
sibles clair ou foncé : elle ne cor- 
rode point les peaux, elle les adou- 
cît, et peut se conserver d'une 
année à l'autre. 

ARTICLE XXXI. 

Marbrure en général. 

Le moindre retard en marbrant 
ou racinant, est toujours nuisible, 
puisque la réussite dépend absolm- 



( 173 ) 
ffiient d'ttne extrême célérité; on 

doit donc disposer d'avance tout ce 

àotût on peut ayoir besoin , tel que 

coulerais ^ eau , potasse ^ eau-forte , 

éponges , pinceaux , tringles ^ etc. 

Les pinceaux doivent être £dts 

avec des racines de ris : il faut qu'ils 

soient gros et longs, «^l'ils aient 

plutôt l'air d'un foalaî que d'un 

pinceau ^ et que le manclife soit en 

bois dut*. 

Pour raciner il faut deux tringles 

^n bois de quatre à -cinq pouces de 

large,ènviron un pouce d'épaisseur, 

la longueur est indéterminée j ces 

tringles se posent à plat sur deux 

trétaux placés aux deux extrémités, 

lin des trétaux doit être plus 

élevé que l'autre d'environ trois 

pouces. 

22 



.y 



( ^74) 
Pour marbrer il Êiut que les deux 

tringles soient fixées à leurs 
extrémités dans deux trayerses tail- 
lées en fronton, afin que les tringles 
forment le dos d'âne et qu'il y ait 
entr'elles environ deux pouces de 
séparation pour placer le volume , 
de façon que les cartons penchent 
du côté de leurs bords en gouttière 
environ de trois pouces et demi 
pour un in-octavo : 

Povr marbrer ou raciner on doit 
placer le volume dans les tringles p 
de manière que la tête soit, plus 
élevée que la queue. L'éponge dont 
on se sert pour ressuyer doit être 
propre et humide , il faut avoir un 
baquet d'eau pour la laver toutes les 
fois qu'on s'en sertj cette précau- 
tion est essentielle. 



i 



( 175 ) 
Chaque couleur doit avoir son 

pinceau, autrement on ternirait. 

On doit réserver le veau pour les 
marbres de préférence aux basanes 
qui sont toujours mieux racinées; 
les marbres et les racines qui lui 
conviennent sont le porphyre rou- 
ge y les racines bois de noyer et bois 
d'acajou ( * ). Tous les marbres et 
racines font bien sur le veau, à 

( * } On a quelquefois des hasanes qui ne 
reulent pas se raciner , voici comment on peut y 
remédier : avant dVncoller le livre quW veut ra- 
einer, on lui donne une forte coucbe de décoction 
de noix die galle dont la préparation se fait la 
veille, dans la proportion dWe once de noix de gai-. 
le pilée pour un litre dVau tiède ; le lendemain oa 
pousse le feu jusqu'à ce que le bain soit au grand 
bouillon pendant cinq à six heures , puis on Fem- 
ploie. Du papier qui aurait reçu une ou deux coy- 
çbes tièdes de ce liquide, pourrait èt^e racine OH 
marbré comme le veau. 



(176) 
Pexception dn porphyre rouge qui 
8e rapproche trop de la banane. 

ARTICLE XXXII. 

Racine bois de nojer. 

Le livre couvert et sec , on ren" 
colle ( "^ ) sur le dos et les plats 
sans faire d'épaisseur y on. laisse se-» 
cher^ puis on cambre les cartons 
pour les creuser ou les arrondir, 
cela dépend du sens qu'on veut 
donner aux racines : par exemple 
si l'on désire que leur centre soil 
au milieu du livre, on creuse 
les cartons; si au contraire on 
Teut que les racines se réunissent 



( * ) On délaye, en battant avec tm pinceau, 
gros comme un œuf de colle d^amidon dans un 
quart de litre d*eau. 



( "^n ) 

^ur les bords I on bombe les cartons: 
cela fait, on glaire , en ayant soinda 
xie pas faire mousser la glaire ( ^ )f 
puis on place le volume entre les 
tringles à raciner , et avec un pin* 
ceau on jaspe de Teau bien égale* 
ment et à grosses gouttes sur toute 
la surface du livre, et aussitôt qu'on 
voit les gouttes se réunir, avec un 
autre pinceau on jaspe du noir à 
gouttes très-fines et partout bien 
également, surtout n'en pas trop 
jeter. Aussitôt qu'on voit les veines 
se former, on cesse de jasper , on 
laisse foncer les veines suffisamment 



( '^ ) La glaire se prépare en battant douze blancs 
d'ceuf dans un verre dVau , où IW a mis préala* 
blement deux gros d'esprit de vin , puis on les tirt 
au clair et on les consenre en bouteille au moine 
un an. 



(178) 
et de suite on essuie à Téponge ; on 

laisse sécher puis on serge ( * ), et 
l'on noircit les champs et le de- 
dans des cartons avec du noir éten- 
du dans deux fois son volume d'eau. 

Racine bois i^ acajou. 

Cette racine se fait de même que 
la précédente, seulement on doit 
la laisser plus foncer et avant qu'el- 
le ne soit entièrement sèche on lui 
donne d eux à trois couches de rouge, 
on laisse sécher, puis on serge , en- 
suite on noircit les bords et le de- 
dans des cartons. Par le même 

( * ) Ayec un morceau de molleton blanc , on 
frotte à sec le yolume pour 6ter les ordures et fon« 
drées de couleur quis^ attachent en le marbrant ou 
en le mettant en couleur; plus un livre est sergé, 
plus il est brillant quand il est poli. 



(179 )^ 
moyen on fait des racines de toutes 

couleurs y il suffit pour cela de don- 
ner avec la patte de lièvre une 
teinte unie. Le bleu s'emploie 
étendu dans moitié de son volume 
d'eau. 

Racine bois de citronnier. 

Lorsque la racine est faite, avant 
qu'elle ne soit entièrement sèche , 
on trempe une petite éponge com- 
mune et à gros trousdans la couleur 
orangée , on l'appuie légèrement 
sur diilérens endroits des plats et 
du dos du livre, ce qui y imprime 
de petites taches ou espèces de 
nuages très - éloignés les uns des 
autres, puis de suite avec ime autre 
éponge trempée dans le rouge fin , 
on répète ce qu'on a fait avec l'au- 



< i8o ) 
tre couleur et dans les mêmes en- 
droits : on laisse sécher pour donner 
deux à trois couches de jaune ( * ), 
on laisse sëcher, on serge, et l'on 
noircit le dedans et les bords des 
cartons j cette racine bien faite est 
très-belle et très-recherchée. 

Racine lavpe de buis. 

On tord les cartons en cinq 
Ou six endroits, on met le livre 
entre les tringles à raciner , on jas- 
pe de Teau à petites gouttes; du 
reste on opère comme pour la ra- 
tine bois de noyer : on laisse sécher 



( * ) Pour doflnerunetehiteunieon se sert d^ona 
patte tle lièvre , au ne ddit pas craindre de {yreodre 
de la couleur , car il faut qa^elle coule en abondance 
sur le livre, autrement elle ne pénétrerait pas 
assez avant dans lé veau. 



( i8i ) 

pnîs on met le livre entre les trin- 
gles à marbrer, on jaspe de Teau 
à grosses gouttes et aussitôt qu'elle 
coule , avec la barbe d'une plume 
on jette du bleu ( * ) par petites 
gouttes en les rapprochant du côté 
du dos afin qu'elles coulent avec 
l'eau sur les plats, de manière que 
le bleu forme des veines fines, irré- 
gulières et écartées les unes des 
autres: on laisse sécher, on essuie 
avec l'éponge humide, puis avec 
une petite éponge trempée dans 
le rouge écarlate, on appuie légè- 
rement sur difïerens endroits des 
plats et du dos du livre pour y 
former des nuages : pn laisse sécher. 



( * )«Le bleti dont on' se sart pour cet usage 
doit être étendu dans moitié de son volume d*eau. 

23 



( i8a ) 
puis on donne avec une patte de 

lièvre, deux à trois couches* de 

couleur orangée , on laisse séclier, 

on serge et l'on noircit le dedans 

et les bords des cartons. 

Pierre du Levant. 

On encolle le livre, on le place 
entre les tringles à marbrer, puis, 
sur toute la surface du volume, 
on Jaspe ( * ) à gouttes larges du 
noir étendu dans neuf fois son vo- 
lume d'eau j aussitôt que les gouttes 
se réunissent, on jette ( ** ) delà po- 
tasse sur le dos par intervalle de 
quinze à dix-huit lignes, en la je- 

( '^ ) On jaspe avec un gros pinceau de racines de 
riz. 

( ** ) On jette avec les barbes de deux ou trois 
plumes réunies. 



( '83 ) 

tant on a soin de la rapprocher des 
mors, afin qu'elle coule sur les plats 
en se réunissant au noir, et de suite 
pendant que la potasse coule , on. 
jette de Teau-forte de la même ma- 
nière, en observant de la jeter con- 
tre la potasse, afin qu'elles se réu- 
nissent sur leurs bords en coulant 
ensemble, de manière cependant 
à ce qu'elles forment chacune une 
veine séparée mais fondue; on 
laisse sécher le marbre , ensuite on 
le lave à l'éponge, on laisse sécher 
de nouveau , puis on serge. 

Agate verte. 

Ce marbre se fait comme le pré- 
cédent, seulement on remplace la 
potasse par du vert. Pour tous les 
marbres, oti doit jeter le noir le pre- 



( i84 ) 

mier , parce qu'il ne prendrait pas 
sur les autres couleurs. 

Agate bleue. 

On opère comme pour la pierre 
du Levant, seulement la potasse est 
remplacée par du bleu. 

Agatine* 

On opère comme pour la pierre 
du Levant, mais, immédiatement 
après, avoir jeté Teau- forte sur tou- 
te la surface du volume, on jaspe à 
petites gouttes écartées Tune de 
l'autre dii bleu étendu dans quatre 
fois, son volume d'eau j on laissé 
sécher le marbre, on le lave à l'é- 
ppnge/on laisse sécher de nouveau, 
puis ou serge. 




Agate blonde. 

Le livre encollé et placé entre les 
tringles à marbrer, on jaspe du noir 
à petites gouttes très-écartées, puis 
de suite, sur toute la surface du vo- 
lume^ on jaspe à grosses gouttes 
rondes de la potasse étendue dans 
deux fois son volume d'eau j du 
reste on opère comme pour la pier- 
re du Levant. 

Caillùutagè. 

On encolle le livre, on le place 
entre les tringles à raciner , puis 
sur toute la surface du volume, on 
jaspe bien également à grosses 
gputtes rondes du noir étendu dans 
dix fois son volume d'eau, ayant 
soin de laisser des intervalles de la 



( i86 ) 
largeur des gouttes j on laisse sé- 
cher à demi, puis on jaspe de mê- 
me de la potasse étendue dans deux 
fois son volume d'eau j on laisse 
sécher, ensuite on jaspe à petites 
gouttes rondes et bien également 
sur toute la surface du livre du 
rouge écarlatej on laisse sécher de 
nouveau, puis on jaspe de même 
de la dissolution d'étainj on laisse 
sécher, puis on serge. 

Pour ce marbre, les cartons, doi- 
vent être bien de niveau , parce que 
les couleurs ne doivent pas couler, 
on laisse sécher, puis on serge. 

Cailloutage veiné. 

On encolle le livre , oh le place 
entre les tringles à raciner, puis 
sur toute la surface du volume, on 



jaspe bien également et à grosses 
gouttes rondes du noir étendu dans 
deux fois son volume d'eau , ayant 
soin de laisser des intervalles de la 
largeur des gouttes environ j on 
laisse sécher à demi, puis on jaspe 
de même de la potasse étendue 
dans une fois son volume d'eauj on 
laisse sécher pour jasper de la mê- 
me manière du rouge écarlate, on 
laisse sécher, puis on met le livre 
entre les tringles à marbrer pour 
jasper sur toute sa surface du jau- 
ne presque bouillant et à grosses 
gouttes. Aussitôt que les gouttes se 
réunissent, on jette sur le dos du 
livre et à dix-huit lignes de dis- 
tance, du bleu étendu dans trois 
fois son volume d'eau : puis de sui- 
te on jette de Teau-forte tout contre 



( i88 ) 
le bicuy de manière à les faire cou- 
ler ensemble sur les plats du livre .^ 
et à former des veines tortueuses 
bien distinctes, on laisse sécher ^ 
puis on serge. 

Cailloutage œil de perdrix. 

On encolle le livre, on le met en» 
tre les tringles à marbrer, puis sur 
toute sa surface et de manière à la 
Couvrir presque ei^tièremeot, on 
jaspe à petites gouttes du noir étenr 
du dans huit iois sonvolun^e d'eau; 
aussitôt que le noir coule , on jette 
sur le dos du livre et à distance de 
quinzie lignes environ^ de la potas* 
se étendue dans deux fois ^n vo- 
lume d'eau j on a, soin de la jetet 
près des niors afin qu'elle coule suc 
les plats en se réunissant au noir ; 



(189) 

on laisse sécher , puis on lave le li- 
vre à réponge, et pendant q[u*ilest 
tocore humide, oh lui donne deux 
à trois couches de rouge fin; on 
laisse sécher, pui3 onserge. Ensuite 
on met le livre entre les tringles à 
raciner, puis on jaspe sur toute sa 
surface , à grosses gouttes rondeô et 
bien également parsemées, de la 
dissolution d'étain; on laisse sécher, 
puis on serge. 

Porphyre rouge. 

On encolle le livre, on le met 
entre les tringles à raciner , puis on 
jaspe sur toute la surface du volu- 
me , à petites gouttes rondes et le 
plus également possible, du noir 
étendu dans huit foià son volume 
d'eau 5 on laisse sécher, puis on 

^4 



( ipo ) 

serge. Ensuite on glaire le livre," 
on lui donne deux couches de 
rouge fin, puis une de rouge écar- 
latej on laisse sécher, on remet le 
livre entre les tringles à racîner, 
pour jasper sur toute sa surface le 
plus également possible et à petites 
gouttes de l'eau- forte j on laisse 
sécher, puis on serge • 

Porphyre œil de perdrix. 

On encolle le livre, on lui donne 
bien uniment deux couches de noir 
étendu dans dix fois son volume 
d'eau } on laisse sécher, puis on 
serge. Ensuite on glaire le livre et 
on lui donne deux à trois cou- 
ches de rouge ; on laisse sécher, on 
serge, puis on met le livre entre 
les tringles à raciner, pour jasper 



( >90 
sur toute sa surface et à gouttes 

rondes larges comme des lentilles, 

de la dissolution d'étaînj on laisse 

sécher, puis on serge. 

Granit. 

On encolle le livre, on le place 
entre lès tringles à racîrier , puis 
on jaspe à points très-fins , sur tou- 
te la surface du volume, du noir 
étendu dans cinquante fois son vo- 
lume d'eau j on laisse sécher pour 
recommencer de même cinq à six 
fois, afin que toute la couverture 
soit entièrement et également cou- 
verte d'innombrables et impercep- 
tibles taches ; on laisse sécher à de- 
mi, puis on jaspe de la potasse , à 
petits points ronds et écartés le plus 
également possible j on laisse sécher? 



( 19^ ) 
entièrement, on serge, puis on glai- 
re légèrement. On replace le livre 
entre les tringles à raciner, pour 
jasper sur toute sa surface de l'eau- 
forte comme on a jaspé la potasse; 
on laisse sécher, puis on serge. 

Je crois inutile de décrire une 
plus grande quantité de marbres; 
un habile ouvrier peut avec les 
mêmes couleurs les varier à rin£ni. 
Cependant toutes les fois qu'on opè- 
re, on doit avoir un modèle sous les 
yeux, aèxx d'^,pprocher de la pâture 
le plus possible. 

VEAUX UNIS. 

Raisin de Corinthe. 

On encolle légèrement le livre , 
puis on lui donne une ççuche bien 
^niede noir étendu^ans vingtparties 



I 

\ 



( 193 ) 
d'eau ; on laisse sécher à demi et 
l'on donne une couche de potasse 
étendue de moitié d'eau. Ces cou- 
ches doivent être mises bien égale- 
ment afin de ne pas faire de nuances; 
çn laisse sécher, on serge , puis on 
glaire le livre et on lui donne 
deux à trois couches de rouge; 
on laisse sécher, puis on serge. 

Fer£. 

On encolle- et on glaire légère- 
ment le livre, puis on lui donne trois 
à quatre couches de jaune dans 
lequel on a mis plus ou moins de 
bleu , cela dépend de la nuance 
qu'on veut obtenir; mais il faut 
éviter de mettre trop de bleu. Gn 
laisse sécher, puis on lave le livre 
avec de l'eau-forte étendue dans 



\ 



(M) 

trente fois son volume d'eau j on 
laisse sécher, puis on serge. 

Bleu. 

Après avoir encollé le livre, on 
lui donne quatre à cinq couches 
de bleu étendu d'eau plus ou moins, 
selon la nuance qu'on désire. Cette 
couleur tire toujours un peu sur 
le vert, à raison de la couleur jaune 
du veau j mais on peut la raviver 
en lavant le livre avec del'eau-forte 
étendue dans trois fois son volume 
d'eau j on laisse sécher, puis on 
serge. 

Brun. 

Lorsque le livre ^^t encollé, on 
lui donne trois à quatre couches de 
noir étendu dans quatre parties 



^ 



(195 ) 

d*eau^ ayant soin de les donner éga- 
lement pour ne pas faire de nuances; 
on laisse sécher à demi^ puis on 
donne une couche de pqtasse qui 
fait prendre au noir une teinte rous* 
sâtre. En étendant le noir et la po- 
tasse daiis plus ou moins d'eau, on 
peut varier ces bruns à rinfinî. 

On obtient de fort beaux bruns 
unis et doux , en donnant au livre 
deux à trois couches de brou de 
noix étendu d'eau plus ou moins, 
selon la nuance qu'on désire j on 
laisse sécher, puis on serge. 

Tête de Nègre. 

Après avoir encollé le livre , on 
lui donne trois couches de noir 
étendu dans moitié d'eau j le volume 
étant mouillé doit avoir une belle 



(i9<î) 
teinte noîre tirant sur le bleu. On 

laisse sécher^ on glaire le volume 

et on lui donne deux à trois coti- 

ches de rouge j on laisse sécher, 

puis on serge. 

Gris de perle. 

Ces fonds sont très-difficiles à 
obtenir sans être nuancés. Après 
avoir encollé le livre , ou lui donne 
Une couche d'eaiu claire, pour hu- 
mecter le veau bien également , et 
de suite on donnée deux à trois cou- 
ches d'eau dans laquelle on a mis 
deux à trois gouttes de noir, plus 
ou moins selon la nuance qu'on 
veut obtenir. On doit bien prendre 
garde de laisser séjourner Teau, car 
cela tacherait j on laisse lécher, puîg 
on serge. 



( »97 ) 

Lapis lazuli. 

On encolle le livre, on le place 
entre les tringles à raciner, on prend 
une éponge commune bien trouée, 
on la trempe dans du bleu étendu 
dans huit fois son volume d'eau; on 
appuie légèrement cette éponge 
sur toute la surface du livre, pour 
imprimer inégalement des tacbes ou 
espèces de nuages entre lesquels on 
laisse de petits intervalles sans cou- 
leur; on laisse sécher, puis on répè- 
te cinq à six fois cette opération , 
et chaque fois on ajoute du bleu 
pur au premier pour le rendre de 
plus en plus foncé j toutes les cou- 
ches doivent être très-distinctes, 
afin d'obtenir un bleu bien nuancé: 
on laisse sécher, piiis on serge. 

a5 



(198 ) 

Le volume étant doré ( * ) , on 
veine en or ( ^'^ ) avec îin très-pe- 
tit pinceau de blaireàti : bn doit 
kvec lé potlfce masser et fondre Vbi 
eh différëns endroits , pdiir forttifet 
des reflets qui ont Pair de sortir dtl 
bleti : les massée et les tèliieà laîteéj 
bn laisse sécher, ptiis oii polît âtéb 

( * ) On ne peut terminer ce marbre que quand 
la couverture est dorëe, les gardes collées, enfin le 
Toliitiiè tout prêt & être poU. 

i**) L^or dontbn se sert pour faire lesvéhiês^ 
s^achète en poudre chez les batteurs d^or ; pouf 
remployer on en numecte une petite quantité 
avec une composition d'une partie de ^lanc d'<fed^; 
une d'esprit de vin et deux d'eau commune , ott 
bat ces trois choses ensemble , ensuite on les tire 
au clair : il ne faut pas que l'or soit battu avec les 
autres ingrédiens , ikiaîs on en dëiiièle ùiie suffisante 
quantité à mesure qu'on en a besoin. On aurai 
soin d'incorporer l'esprit de vin h. l'eau, avant d'jr 
ihcler le blanc d'oeuf, sans cela l'esprit de vis 
cuirait le blanc dloeiifi 



^^ feç ^ p^îi^e chaud. Ce ir^arbrç 
hipjfi f^^t sur un yolumçsoigné| peut 
rivaliser avec le$ plus hellç^ reliures; 
de luxej m^s pour qu'il p]fQduîse 
Xç(^t r»effet ^QUÇ il est STiscepti{^le ^ 
çjpf fle (Ipit remployer que pour çle 
gY^ds :(b,r^atS|i te^s qu'iii - foliqn 
in - quarto et grand in - oçt^yo. 

ARTICLE :j^:5çxiii, 

Lorsque le livre est marbré ou 
racine , on le met daus 1% grande 
presse, eici^re deux aisbie^i prppres^i 
ayaut spin que les aïs spiçi^t frès- 
Justes en mpir^ j ofi, serre fortement 
pour unir ^es^ plats j, et pendant que 
le dps se trp\:^Y® ainsi serré , op, le 
dressa au marteau pour effacer 
que],que$ petites bosses provenant 



( 200 ) 

de l'humidité que le veau a prise en 
le marbrant, on doitsurtout frapper 
en tête et en queue pour abaisser 
ces deux extrémités toujours dispo- 
sées à lever, ce qui rend le dos 
crenx sur sa, longueur; au bout 
d'une heure on peut sortir le lÎTre 



RTICLE XXXrV. 
a Dorure en général. 

Avant toutes choses, on serge le 
livre plusieurs fois, afin qu'il soit 
net et clair: ensuite avec un plioir 
on trace sur le dos l'emplacement 
des palettes qui doivent être au 
nombre de sept y compris celles 
de tête et de queue : la distance de 
tête doit être plus grande que celle 



( 201 ) 
d'entre nerfs , et celle de queue plus 

longue que celle de tête, de trois 
lignes environ pour un in-octavo j 
à cette distance de la queue on fait 
un trait pour marquer le bas du 
livre, afin que le dos étant couvert 
d'or, on distingue facilement la 
tête de la queue : car en poussant 
les filets de division, on pourrait se 
tromper, continuer ainsi la dorure 
et quand elle serait terminée , le 
titre se trouverait en queue du li- 
vre j pour éviter cet inconvénient 
on doit pousser avant tout la pa- 
lette de queue. Il est aussi extr/ê- 
mément essentiel que dans un 
ouvrage composé de plusieurs vo- 
lumes, les palettes soient bien tra- 
cées à la même distance , afin que 
les livres étant dorés et mis sur la 






j, "j uci .es iilt ts se rapportent 

....-.-.c.c .c a-:îa ibrtaent pqifiT 

> ..j> .Tactis^ on met la pièce 
^.v. 1*1' -^our les titres. On coi^pe 

^> de maroquin de la lar- 

.A .:£re tracé sur le livre , on 

_:;.;;: LHUS Biince posàUe dan^ 

.•JL> les bords doîyent être 

^. .1 jLsea^u , de manière à ce 

.lîste (jne la flenr du ma-: 

i:> pièces doivent être de 

\iis^ttr du dos et prendre 

v^d des morsj an nç dqi; 

^> T>ièces de couleur pour 

> ac sur les veaux marbrés, 

,^ .Liuves, sur lesquels le$ 

,^i^entpasTi$ii)les: maïs 

. , .;uiiîS en marpquin , ou 

,^ couleur unie, il est 



( 203 ) 

pluà élégant de mettre le titre sur 
le yéan oii le maroquin même. 

En dorant on doit toujours com-f 
méncer pat* lé dedans et les bords , 
puis lé dos et terminer par les plats j 
cette méthode à l'avantage dé 
xxibins ternir. 

Le brillant de la dorure dépend 
de là (chaleur du fér, trop chaud il 
brûle et empâte le sujet, trop froid 
For rie prend pàsj il faut un juste 
milieu. Par exemple^ pour le veau 
fauve , le vélin , les fonds unis bleus 
ôii verts, les marbres où Peau-forte, 
le bleii et le vert dominent, la cha- 
leur dû fer doit être supportable 
dans le creux de la main, et pour 
les fonds unis clairs et les racines 
de noyer , la chaleur doit être un 
peu plus forte , ainsi de suite pour 



( 2o4 ) 

les couleurs un peu plus foncées . Il 
vaudrait encore mieux pour celui 
qui n'a pas l'habitude de dorer, 
avoir un morceau de bois formant 
le dos d'un livre , sur lequel on colle 
de la même peau que celle dont le 
volume est couvert, préparée sem- 
blablement et glairée au même 
înstantj on ne couche point d'or sur 
cet échantillon, on y essaie le fer, 
et s'il s'imprime bien, et que la 
gaufrure soit distincte et brillante , 
le fer est au degré de chaleur qui 
convient pour dorer le livre. Sou- 
vent aussi la dorure revient mal 
par la faute des graveurs : les uns 
ne creusent pas assez les tailles , ce 
qui empâte les dessins et les prive 
d'ombre; les autres ne polissent 
pas leurs fers avec soin, ou après 



( ao5 ) 
les aroir polis , ils n'en ôtent pas le 
morfil , ce qui fait que le fer prend 
difficilement et écorche Por. Cha- 

r 

que grayeur a son genre particulier; 
les meilleurs graveurs connus à 
Paris sont Kilcher et Héron pour 
la lettre qu'on appelle le compos- 
teur; Culembourgy Lefebure et 
Monot ( * ) sont ceux qui gravent 
le mieux tous les petits fers de 
rapport^ les fers à mille points^ les 
roulettes et les palettes. 

Pour dorer le veau et la basane 
on glaire ( "*" ) trois fois, on ne 

( * ) M. Monot e^Leelle aussi pour 1« taille doure, 
le timbre sec et la lettre. Sa demeure est place 
St.-Georges, k Dijon* 

( * ) ybir pour la 'préparation y la note page 177. 
Le blanc d'œuf acquiert de la qualité en vieillis- 
iant y on doit avoir soia de le tirer au clair souvent., 

2JS 



( ao6 ) 
donne jamais une couche ayant 
que la précëdei^te ne soit sèche. On 
ne doit donner la dernière couche 
qu'un instant avant de poser Tor , 
et si Ton a un très-grand nombre 
de volumes à dorer , on n'en glaire 
que six cette dernière fois : on cou- 
che Por sur ces six volumes, on 
recommence sur six autres et ainsi 
de suite. 

Le même blanc d*œuf, étendu de 
deux parties d'eau, sert à glairer le 
maroquin qu'on veut dorer ; mais 
avant de glairer , on lave le maro- 
quin avec une éponge imbibée de 
vinaigre étendu de six parties d'eauj 
ce vinaigre rafraichit le maroquin , 
lui donne de la souplesse et le dis- 
pose à être doré* On ne glaire 
qu'une fois le maroquin et toujours 
au moment de dorer. 



( 207 ) 
Le même blanc d'ceuf sert aussi 
pour le yéUnj mais avant de le 
glairer, on lui donne avec un pin- 
ceau plat de blaireau y une couche 
bien unie de colle de poisson ( * )• 
Pour dorer la moire, la soie et le 
velours , on se sert de blancs d'œufs 
desséchés, mêlés en égales parties 
avec de Tencens pulvérisé , puis on 
passe le tout ensemble dans un ta- 
mis très-fin. Pour s'en servir on 
met cette poudre dans une petite 
fiole de verre , on la couvre d'un 
morceau de gaze claire, et avec 

( '^ ) On coupe et on écrase en petits morceaux 
deux fers de colle de poisson , on les met dans une 
bouteille de verre blanc, et on y ajoute un grand 
verre de bon vin blanc bien clair; on ferme la 
bouteille avec un morceau de toile , et on Fexpose 
à la chaleur douce d'un bain - marie ; la dissolution 
faite^ on la tire au clair. Cette coUe s'emploie tièid9« 



( ao8 ) 
cette fiole on saupoudre facilement 
et également la moire , à l'endroit 
o^ elle doit être dorée; le fer chaud 
dont on ae sert pour dorer, calcine 
la poudre et attache Tor à la soie. 
On ne couche pas l'or sur la moire, 
on le prend ayec le fer à doren 
Quand on veut réunir la gaufimre 
à la dorure , on dore ainsi qu'il est 
indiqué plus haut , mais on réserve 
soit sur le dos soit sur les plats , les 
endroits qu'on veut gaufrer. Le 
livre doré, on colle les gardes à 
cartons ouverts, puis on polit le 
dos du livre, et avec des fers à 
gaufrer qu'on fait chauffer au dé- 
gré de oeus: qui ont servi à dorer, 
on gaufre les places réservées , en- 
suite on polît les plats, puis on 
ajuste de chaque côté du volum 



( aop ) 

les planches gravées à gaufrer les 
plats^ on les recouvre avec des ais 
propres qu*on ajuste bien dans les 
mors : dans cet état on met le livre 
en presse , puis on serre fortement 
pour faire marquer la gaufrure 
partout. On laisse environ douze 
heures en presse , on retire le volu- 
me^ puis on pousse sur les plats, les 
roidettes et fleurons à gaufrer, sur 
les endroits réservés pour cela en 
dorant, et on apporte les mêmes 
précautions que pour gaufrer le 
dos. On doit toujours polir la cou- 
verture avant que de gaufrer , au- 
trement la gaufrure n'aurait pas 
de brillant, ou serait abîmée par 
le fer à polir. Le livre ainsi terminé, 
avec un fer bien chaud on polit 
le dedans des cartons en appuyant 



( 210 ) 

fortement 9 cela fait cambrer les 
cartons en dedans et le volume 
n'en ferme que mieux. 

ARTICLE XXXV. 

Dorure du veau fauve. 

On glaire deux fois les bords et 
le dedans des cartons, on laisse sé- 
cher un moment, puis on pose Tôr 
( * ) en dedans d*un carton seule- 
ment et bien bord à bord , afin d'y 
pousser la roulette de manière à ce 
que Tor essuie et le carton fermé , 
cette bordure se yoye tout autour 



( * ) Pour coucher l'or on se sert d'une petite 
éponge hien propre et lëgèrement imbibée d'huile 
d'olive : c'est surtout pour les veaux fauves et les 
Telins , qu'on doit le plus ménager l'huile : aussi 
pour ces sortes de reliures , on doit après avoir im- 
bibé l'éponge, la tordre fortement dans un linge. 



(211 ) ^ 

de la chasse; on en fait atitant à 
l'autre carton, puis on pose Tor 
sur les bords et on y pousse une 
roulette à perles ou un simple filet 
en partageant bien le carton par 
le milieu. 

On blancbit le dos en passant sur 
toute sa surface, y compris les mors, 
une éponge fine imbibée d'eau-forte 
étendue dans dix fois son volume 
d'eau; on laisse sécher et on encolle à 
la colle d'amidon f V^ la note page 
1 76^ .On laissesécher, puis on donne 
une couche de colle de poisson ( V. 
la note page 207). On laisse sécher , 
puis on glaire deux fois, on passe 
l'éponge huilée sur tout le dos, les 
mors et les coiffes, et de suite on le 
couvre d'or assez large pour recou- 
vrir les mors , et assez long pour 



( ^^^ ) 
coiiTer la tête et la queue ; on fait 

chauffer les fers et palettes, et quand 

le degré de chaleur est reconntc 

( * ) pour la palette à coiffer , on 

rimprime sur les coiffes de tête et 

de queue , puis on pousse sur le bord 

des mors , tout le long du dos , une 

roulette à filet simple , et aussitôt 

qu'elle est poussée , on enlèye Tor 

qui se trouve entre le carton et la 

roulette y afin qu'en poussant les 

palettes elles ne marquent pas au^ 

delà du filet. On pousse les palettes 



{ * ) Quand oo dore il faut avoir près de soi une 
brosse roide, sur laquelle on passe les fers pour les 
nettoyer en les sortant du feu. Pour connaître le 
d^gré de ehaleor on treqape le hou.! du fer dans Peatty 
ce qui lui donne toujours une certaine biimidité qui 
nuirait à la dorure ; pour le ressuyer on Tappuie sui 
une pelotte ou balle d€ flanelle. 



(m3) 
en commençant par celle de queue, 
puis les coins et fleurons , et l'on 
finit par le titre. On essuie bien le 
dos avec un linge blanc pour en- 
lever Por que les fers n'ont pas 
fixe, puis on frotte avec un mor- 
ceau de drap blanc pour nettoyer 
les tailles des ornemens. 

Les plats se font l'un après l'autre, 
en suivant pour les blanchir, encol- 
ler, glairer et dorer les précau- 
tions indiquées pour le dos. 

Je me suis occupé plus particu- 
lièrement de la dorure du veau 
fauve, comme étant la plus difficile, 
et stu*tout à cause des différentes 
préparations que le veau doit subir 
à mesure qu'on le dore. Pour ré- 
ussir à bien faire le veau fauve , il 
faut une extrême propreté j aussi 



a-t-on soin de couvrir d'un lîngô 
blanc la table sur laquelle on dore^ 
d'en avoir plusieurs pour s'essuyer 
les mains , ainsi que de l'eau pour 
les laver de temps en temps , et 
malgré toutes les précautions pos-- 
sibles , il est bien rare que cette re- 
liure se termine sans accidens. 

ARTICLE XXXVI. 

Quand le livre est doré, on le 
prend en gouttière par les feuilles, 
on laisse tomber les cartons en dos, 
puis on place un ais de l'épaisseur du 
dos entre les deux cartons afin deles 
soutenir et de les mettre de niveau 
au dos; dans cet état on pose le 
livre à plat sur la table et de ma- 
nière à ce que le dedans d'un des 



( 215 ) ' 

cartons et la garde du livre tou- 
chent la table. Alors avec tui pin- 
ceau on encolle la garde qui se 
trouve en dessus, on ferme le 
carton, puis on l'ouvre de suite, ce 
qui enlève la garde j on pose 
dessus une jfeuille de papier assez 
grande et forte pour la garantir , 
on appuie tout doucement en mors 
pour faire entrer la garde, puis 
avec le pouce et l'index , on frotte 
plus fortement a£n de rendre le 
mors bien carré ; ensuite on passe 
la main sur toute la surface d^ la 
garde pour la coller sur le carton, 
et on en fait autant à T autre garde , 
puis on laisse sécher les cartons 
ouverts. 

Les gardes de moire et les mors 
en maroquin se collent de même* 



( 2i6 ) 
Pour qu^une garde de moire fasse 
tiii bon effet, on doit la dorer tout 
à Tentour. 

ARTICLE XXXVIL 

Les gardes étant sèches,on cambre 
légèrement les cartons, on les re- 
ferme, puis on polît le livre. Pour 
polir le veau fauve et les fonds clairs, 
le fer doit être- à peine chaud j pour 
les racines et couleurs foncées , le 
fer n'est point trop chaud s'il ne 
blanchit pas : avant de polir il est 
bon d'essayer le fer sur un endroit 
invisible. On doit avant tout ser- 
ger le volume avec un morceau de 
drap propre. 

En polissant on doit tirer le fer 
d'un bout à l'autre , sans cela on 



( 217 ) 

tacherait. On doit toujours com- 
mencer par polir le dos, ensuite 
les plats, et terminer par le dedans 
des cartons. 

ARTICLE XXXVm. 

On met le livre dans la grande 
presse entre deux ais garnis de fer- 
blanc poli, on les ajuste bien dans 
les mors , on serre la presse et on y 
laisse le volume environ douze heu- 
res. On doit nettoyer et polir les 
ais chaque fois qu'on s'en sertj plus 
ils sont polis et plus le livre est 
brillant. On sort le volume de presse, 
on cambre les cartons et on bal- 
lotte un peu les feuillets pour les 
décoller. 



(5.18) 

ARTICLE XXXIX:. 

Lorsqu'un, livre est entièrement 
terminé et bien sec, on peut, si Ton 
veut lui donner plus d'éclat , le ver- 
nir ( * ) de la manière suivante. 

On pose avec un pinceau très- 
doux, une couche de vernis sur 

( * ) Oymposîtion du Vernis. On fait dissoudre 
dans trois litf es d'esprit de vin de 36 à /^o degrés : 

Sandara<|ue 8 onces. 

Mastio en larmes . . . . 2 id. 
Gomme laque en tablette 8 id. 
Térébenthine de Venise 2 id. 
On toneasseles gommes et on opère leur dissolu- 
tion en mettant tremper la bouteille qui contient 
toutes les matières , dans de l'eau très-cbaude et 
en la retirant de temps en temps pour Pagîter. 

On conserve ce vernis dans la bouteille où il a 
été fait, la tenant bien bouchée. Quand Qn Veut 
^e servir du vernis, on a soin de ne pas le remuer 
à cause du dépôt. 



( ^19 ) 
le dos du livre, sans en mettre sur la 

dorure. Quand le vernis est presque 
sec^ on le polit avec un morceau de 
drap blanc légèrement imbibé 
d'huile d'olive , on frotte d'abord 
doucement et ensuite plus fort à 
mesure que le vernis sèche j si le 
dos n'était pas assez brillant on re- 
commencerait. Il faut faire la même 
opération sur les plats du livre , 
mais l'un après l'autre. 

Pour réussir, il faut absolument 
que le volume soit parfaitement sec 
et sans la moindre humidité , enfin 
prêta être placé sur les rayons de 
la bibliothèque. 



FIN. 



TABLE 



IME LA NOTICE SUR LA LITHOGRAPHIE. 



> • \ 



Avis deFÉdîteur, page 5 

Avis dé l' Auteur ; 1 3 

Théorie, iS 

Gravures lithographiques. 

Chbix des pierres , i8 

Taille de la pierre , îd. 

Préparation de la pierre pour dessiner au 

pinceau et à là plunïe , 19 

Composition de l'encre lithographique , 20 

Enere liquide qui est également bonne , 22 

Préparation de la pierre pour dessiner au 

^crayon, 24 

Composition du crayon à dessiner sur la 

pierre , 25 

Préparation de la pierre pour dessiner à 

la pointe , 27 

Précautions à prendre en dessinant sur la 

pierre , 28 



( 222 ) 




Dessin au crayon , 


33 


Dessin à l'encre. 


34 


Dessin à la pointe , 


36 



Impression. 

Description de la presse et de ses roa* 

leaux , 38 

Préparation des vernis on huiles à broyer 

les couleurs y 4^ 

Choix des couleurs à imprimer , et manière 

de les broyer , 44 

De l'impression en général , 49 

Préparation des pierres dessinées pour 

l'impression , 53 

Manière d'humecter le papier , note de la 

page 56 

Impression par transposition , Sg 

Transposition par épreuves ^ 6o 

Transposition du dessin , 67 



TABLE 

DE L'ESSAI SUR LA RELIURE. 



JjNTRODUCTIOir , P^C ^3 

Pliement des feuilles , 75 

Découdre un livre déjà relié , . 76 

Procédés pour enlever les corps gras sur 
les livres et estampes , 78 

Procédé pour enlever les taches d'encre, 
de suie ou de tabac , 80 

Autre procédé , 82 

Collage des gravures et des cartons y 84 
Du battage des livres , 85 

Manière de mettre les livres en presse, 
après qu'ils ont été battus ^ 88 

Manière de colla tionner un livre, 91 

Battre les livres pour les redresser , après 
avoir été colla tionnés , ' 9a 

Les livres étant battus , on les remet en pres- 
se et on les collationne de nouveau, 93 
Coller les gardes blanches , 94 

Grecquer , gS 

Coutures h la' grecque et h nerfs , 96 

Détortiller, racler et encoller les ficelles , 99 



( ^H ) 

Piquer les cartons , loo 

Paaser en cartons^ id* 

Endosser^ io4 

Endossure à l'anglaise , Ip8 

I^ettre les dos en colle y 112 

Préparation de la colle de Flandre , note ( * ) 

de la page - 1 1 3 

Préparation de la colle d'amidon , note ( * ) 

de la page ii4 

Coller les gardes de couleur çt de moire , 

page 1 16 

préparation de la colle de poisson pour 

coller la moire et le tabis, note ( * ) de la 

page 119 

Méthode pour tien rogner , 120 

Babaisser les cartons en gouttière y 122 

Préparation des coupleurs pour les tranches* 

Jaune citron ^ 1 22 

Bleu , I zi 

Yert, 125 

..Manière de mettre la tranche en couleur 

soit unie ou Jaspée , i23 

-' Tranche marbrée* 
Préparation, i25 



( 225 ) 

Préparation du fiel de bœuf, 1 26 

PréparatioQ de la cire à broyer les cou- 
leurs , 11^6 
Ghoiic des couleurs , 127 
préparation des couleurs , 1 ::^8 
Marbrure , 129 

Dorure sur tranches. 
Préparation du safran à employer pour la 
dorure , note ( * ) de la page 1 33 

Préparation du jus d'oignons, note ( *** ) 
• de la page i35 

Préparation de la mixtion à coucher l'or, 
note ( * ) de la page i36 

Tranche dorée unie , 13^ 

Tranche dorée antiquée , 1 89 

Tranche dorée damassée , i4o 

Tranche dorée à paysages transparens, i4i 
Mettre les signets, 142 

Faire les mors , 1 43 

Tranchefiler , i44 

Battre les cartons , 1 5 1 

Mettre les coins de parchemin , 1 5^ 

De la Couverture* 
Préparation à faire à la basane ou au veau 



( 226 ) 

qu'on veut raciner , marbrer ou mettre 

en couleurs unies , page i56 à i63. 
Préparation du veau qu'on destine à être 

mis en fauve , 1 5g 

Choix du veau pour la reliure, note 

{ * ) de la page ^ id. 

Précautions à preadre en couvrant^ note 

( * ) de là page iéi 

Préparation des couleurs qu'on emploie 
sur le veau ou basane. 

Noir, i63 

Rouge, 164 

Rouge fin, i65 

Rouge écarlate , ^ 166 
Composition pour obtenir par lar coebenille 
des rouges écarlate et cramoisi fin y note 

(*) de la page 166 

Orangé, 167 

Jaune , id. 

Violet , 168 

Bleu , 169 

Eau-forte, 170 

Potasse, 171 

Eau à raciner / " id- 



r 



( "7 ) 

Brou de noix, 171 

Marbrure en général^ 172 
Préparation du blanc d'œuf , note ( * ) de 

la page 177 
Préparation à faire au papier qu'on veut ra- 
ciner ^ et à la basane tannée à l'écorce de 

sapin , notq ( * ) de la page 175 

Hacine bois de noyer, 176 

Racine bois d'acajou, ^ ^ 178 

Racine bois de citronnier , 179 

Racine loupe de buis , 180 

Pierre du Levant, 18a 

Agate verte, i83 

Agate bleue 3 i84 

Ag tine , id. 

Agate blonde , i85 

Cailloutage , id. 

Cailloutage veiné , 186 

Cailloutage œil de perdri:c, 188 

Porphj'^re rouge , 189 

Porphyre œil de perdrix , 190 

Granit , 191 

Veau» Couleur unie. 

Raisin de Corinthe, 192 



( 228 ) 

Vert, igî^ 

B!ca , jé^^^b^ ' 9^ 

Teté de Nègre , ^^^^^ iq5 

Gris de perle , ^***i-*^^ jgg 

Lapis lazulr, igj 

Mettre les livres en presse loi'sqli'ils sont 

en couleur, igg 

De la Dorure en général. 
Distance des palettes et précautions à 

prendre pour les tracer , 200 

Mettre les pièces pour les titres , 202 
Choix des fers à dorer , 2o4' 

Glâîrer les livres pour les dor^r , 2o5 
Composition de la colle de poisson pour Ic^ 

veau fauve , note ( * ) de la page 2oy ' 
Dorure du veau fauve, 210' 

Coller les gardes, 21 4' 

Cambrer les cartons el'poHr, 216' 

Mettre en presse et cambrer lés* carlOns^, 217"^ 
Vernir les livres Ic^rsqu^ils sont entièrement' 

fibis, 218* 

Composition' du vernid , noté ( ^ } de lOr 

Fia de la Tsd)Ie. 



^^